XXVI JANVIER
* Le ving-t-sixième jour de janvier de l'an 1658, au collège d'Aschaffenburg dans la Province du Haut-Rhin, expira très saintement le Frère Scolastique Sigismoxd Schum, emporté par une maladie de poitrine, à l'âge de vingt-six ans, dont il avait passé près de dix dans la Compagnie. Huit jours avant sa bienheureuse fin, des crises d'une violence extrême vinrent s'ajouter à ses douleurs habituelles, et le réduisirent à une sorte d'agonie. On vit alors avec admiration quelles racines profondes avait jeté dans son Ame l'amour de la croix. Comme son confesseur, ému de compassion, lui suggérait la prière du Sauveur au jardin des Oliviers : « Transeat a me calix iste, que ce calice passe loin de moi » : — « Non, non, reprit-il vivement, non transeat sed augeatur ; qu'il ne passe pas, qu'il augmente plutôt ».
Il accueillit avec une joie sensible l'annonce de son départ prochain pour le ciel. Il en parlait d'un ton si dégagé et avec une telle sérénité d'àme, qu'on ne pouvait l'entendre sans se réjouir avec lui. Quand le F. Schum sentit la vie près de lui échapper : « Me voici, dit-il, au plus heureux de tous les moments ; je suis inondé de consolation ». Puis il ajouta à plusieurs reprises : « O
88 MHNOLOGE S. J. ASSISTAN'CE DE GER.MAME. I.
quam hoiniin est mori i/i Societate, Oh ! qu'il est bon de mourir dans la Conipag-uie » ! Et il remit son Ame entre les mains de Dieu.
Suminar. vitif dcfïuictov. Provinc. Rheni Superiur. (Arcliiv. Tioin.
* Le vingi-sixièmc jour de janvier 1710, à Geyst dans la Province du Bas-Rhin, mourut le P. Jeax Dirckinck, Recteur et Instructeur des Pères de troisième probation, homme d'une expérience consommée dans la conduite des âmes. Il avait rempli successivement, avec la réputation d'un saint religieux, presque toutes les charges de sa Province, depuis les plus modestes jusqu'à celles de Maître des novices, de Recteur et de Provincial. Dans ces longues années de gouvernement, il sut toujours, à l'exemple de notre Bienheureux Père, tempérer la force nécessaire pour maintenir la discipline religieuse par une tendre charité et une profonde humilité de cœur. Avant tout, il s'efforçait d'être lui-même un saint. D'une grande délicatesse de conscience, il se confessait tous les deux jours, visitait fréquemment Notre-Seigneur au tabernacle, jeûnait plusieurs fois la semaine, couchait sur la dure et crucifiait sa chair par de longues flagellations.
Au milieu de ses occupations, le P. Dirckinck trouvait encore le moyen de composer une multitude d'ouvrages de piété pour les prêtres et les pasteurs des paroisses, les Scolastiques et les candidats à la Compagnie, les malades, les écoliers, les fidèles en général. Ces ouvrages, pleins de doctrine et d'onction, ont été souvent réimprimés, même de nos jours, et ont fait un bien immense. Le serviteur de Dieu dirigea pendaïit quatorze ans une association dite
XXYI JANVIER. — ■ P. JEAX DIRCKIXCK. 89
(( Confrérie des prêtres de la bonne volonté, sous l'invocation de Notre-Seigneur Jésus-Christ mourant sur la croix». Chaque année, il leur offrait en étrennes un opuscule contenant, avec l'explication d'un des statuts de la confrérie, quelque règle ou maxime de perfection sacerdotale. Quand il fut sur le point de mourir, voyant les Pères de troisième probation et toute la communauté réunis autour de sa couche, il voulut leur consacrer jusqu'à son dernier souffle, et dans une suprême exhortation qui fut comme son testament, il leur recommanda de la manière la plus pressante l'amour et l'inviolable o.bservation de nos règles. Peu après il s'endormit très doucement dans le baiser du Seigneur, à l'âge de soixantequinze ans dont il avait passé cinquante-sept dans la Compagnie.
Suninmr. viue de/unclor. Provinc. Rheni Iiiferior. (Archiv. Rom.}. — SoMMERvoGEL, BibUoth., t. 3, p. 91.