‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 61 sur 327 · III FEVRIER · texte numérisé non relu

III FEVRIER

* Le troisième jour de février de l'an 1749, mourut au collège de Steier, dans la Province d'Autriche, le F. Ignace Arres, Coadjuteur temporel. Il remplit l'ofiice d'infirmier à Gratz, à Passau, dans les noviciats de Vienne et de Trentschin, et enfin à Steier, avec une "charité et un dévouement incomparables. Une année entière, il soigna un de nos Frères qui avait au pied un ulcère affreux, et dont s'échappait une odeur si insupportable qu'on pouvait à peine entrer dans sa chambre ; le saint Frère lui prodigua toujours les mêmes soins, sans donner jamais un signe de dégoût, de fatigue ou d'ennui. Mais le lendemain du jour où le pauvre infirme avait rendu le dernier soupir, le F. Arres, comme si la charité avait seule jusque là soutenu ses forces, tomba malade à son tour, et fut bientôt réduit à l'extrémité. Quand on lui apporta le saint viatique, puisant dans sa foi et sa dévotion au Saint Sacrement une énergie extraordinaire, il s'habilla rapidement et descendit de son lit pour adorer et recevoir à genoux son Sauveur. Le F. Arres était âgé de cinquante-huit ans, il en avait passé trente-deux dans la Compagnie.

Litteree annuœ Provinc. Austr. anno 1749 (Archà>. Rom.}.

* Le troisième jour de février de l'an 1771, mourut au collège de Porrentruy le F. Frédéric Vogl, Coadjuteur temporel. Doué de qualités naturelles qui semblaient l'élever au-dessus de son degré, il ne s'en prévalait que pour mieux glorifier Dieu et mieux servir la Compagnie. Tour à tour cuisinier, infirmier, sacristain, il apportait à toutes choses un soin et une diligence admirables ; dans son office et dans ses instruments de travail, on voyait briller partout un ordre parfait et une propreté exquise. 11 s'ingéniait de mille manières et mettait en œuvre toutes les ressources de son savoir-faire pour se perfectionner de plus en plus dans son emploi, et contenter plus parfaitement Dieu et ses frères.

A l'égard des malades, sa charité était celle d'une mère ; s'il les voyait tristes ou abattus, il tirait de son cœur pour les consoler et les encourager des paroles animées d'une telle tendresse et d'un tel accent de foi, qu'on aurait pu croire, à l'entendre, qu'elles jaillissaient des lèvres du prêtre le plus zélé. Nul ne travaillait plus que lui ; mais il ne paraissait jamais empressé, tellement il était maître de lui et mesuré dans tous ses mouvements. L'épreuve ne lui fit pas défaut, et montra combien sa vertu était solide. A la suite d'une accusation imméritée, le F. Vogl fut brusquement retiré d'un office qu'il exerçait depuis dix ans, et appliqué à un autre, auquel il était complètement étranger. II ne dit pas un mot pour se justifier ou se plaindre ; il se donna de tout son cœur à son nouvel emploi, et Dieu bénissant son obéissance, il s'y rendit fort habile. D'autres croix suivirent celle-là. Un jour, dans une chute il se brisa les deux jambes a la fois ; il supporta avec un courage héroïque les cruelles douleurs de la double opération qu'il

III FÉVRIER. F. FRÉDÉRIC >iPGL. llS

fallut lui faire subir. Sa vie ne fit plus dès lors que traîner. Il s'animait à souffrir par la pensée de Jésus crucifié et l'espérance du ciel. Enfin il s'endormit saintement dans le Seigneur à Tâge de soixante-neuf ans, dont il avait passé quarante-neuf dans la Compagnie.

Litter ami. Provinc. German. Superior. ami. 1771 (Archw. Rom.).

Page 1