IV FEVRIER
Le quatrième jour de février de l'an 1681, le P. Nicolas Hor- VATH, né à Warasdin en Croatie, mourut à Raab, en grande réputation de sainteté, après avoir cultivé, pendant plus de quinze ans, les anciennes provinces hongroises alors sous le joug des musulmans. En proie tour à tour à la guerre ou à la peste, ce malheureux pays n'offrit d'abord au P. Horvath que des ruines, peuplées d'affamés et de mourants. Mais en portant dans plus de quatre-vingts bourgades, au péril de sa vie, tous les secours que son ardente charité lui permettait de trouver, il fut bientôt aimé et vénéré par les pauvres habitants des rives du Danube, comme leur unique soutien.
Peu à peu il releva les chapelles abattues, et comme elles rappelaient par leur indigence les plus humbles sanctuaires de la pri-
mitive Eglise, il obtint du Saint-Siège, pour consoler les fidèles, de très riches indulgences qui créèrent plusieurs centres de pèlerinages où l'on accourait de toute part. « Quel est donc ce prêtre chrétien, demandait un jour le pacha de Bude, stupéfait de voir des milliers de catholiques accourir sans cesse, même des provinces conquises par la Turquie, près de l'intrépide missionnaire ; quel est ce prêtre chrétien qui attire plus facilement les peuples