XV FÉVRIER. P. JEAN-BAPTISTE QUERCK
dier. memor., 15» febr., p. 93. — Drews, Fasd Soc. Jesu, 15» febr., p. 62. — P. MicH. Strunck, S. J., Westphalia sancta, pia, beata... edit. Paderbornœ, 1854, t. 2, p. 223. — Jos. Gkny, Die Jahrbûcher der Jesuiten zu Schlettstadt und Rufach, Litlerœ ann. 1615-1713... Strassburg, 1895, p. 65 seyq.
Le quinzième jour de février de Tan 1700, mourut au collège de Munich le P. Jean-Baptiste Querck, du diocèse de Strasbourg. Il était parvenu de bonne heure, par une pratique assidue de l'oraison, à la parfaite indifférence. Quelle que fût la grandeur des épreuves qu'il eût à souffrir de la part de Dieu ou des hommes, il ne lui fallait, disait-il lui-même, pour en triompher pleinement, qu'une heure ou deux au pied de son crucifix. Retenu jusqu'à l'âge de trente-cinq ans dans l'enseignement de la grammaire, il ne se permit jamais un signe de mécontentement, et ne prononça jamais un mot pour demander à commencer enfin sa théologie.
Nul n'était plus saintement joyeux, et ne savait, avec plus d'adresse et de naturel, entretenir parmi ses frères l'union et la gaieté, et si quelque contestation s'élevait parfois et menaçait de s'échauffer, la détourner ou la calmer par quelque saillie inattendue qui détendait l'esprit et déridait tous les visages. Pour lui, il ne s'offensait de rien ; il répondait par un sourire aux propos ou aux procédés les moins bienveillants. Ce n'était pas apathie ou insensibilité, c'était patience et humilité de cœur. Il montra toute sa vie ce même oubli de sa personne et cette même charité pour le prochain, soit dans ses ministères auprès des âmes, surtout auprès des moribonds qu'il était toujours prêt à assister, soit dans le gouvernement de nos collèges. Un jour, pour sauver l'àme d'un a. G. I. — t. I . — 20.
pécheur c[ui s'était vendu au démon et qui, brisé par le remords et l'épouvante, était venu se jeter à ses pieds au moment oii la dernière heure fixée par le pacte infernal allait sonner, il n'hésita pas à engager une lutte visible, et pour ainsi dire corps à corps, avec l'horrible dragon, et sortit vainqueur du combat, heureux de rendre à Jésus-Christ cette proie arrachée à l'enfer.
Quand on. vint annoncer au P. Querck que sa fin était prochaine : « Je suis prêt », répondit-il. Ses souffrances, qu'on pourrait appeler une agonie, tant elles étaient accablantes, se prolongèrent cinq semaines entières, sans lui laisser un moment de repos. 11 les supporta avec une invincible patience, les 3^eux constamment attachés sur son crucifix, et remit enfin sa sainte âme à Dieu, à l'âge de cinquante-huit ans, dont il avait passé trente-huit dans la Compagnie.
Patrign.vni, MenoL, 15 febbr., p. 137.