XX FEVRIER
* Le viiig'tième jour de février de l'an 1750, mourut au collège de Kaschau le P. Nicolas Petkô d'une noble famille de Hongrie convertie à la foi romaine. Après ses études et sa régence, le P. Petko fut chargé de reprendre les missions fondées quelques années auparavant dans la Province d'Autriche par le P. Bernard Geroni et presque entièrement interrompues par les guerres et les maladies contagieuses qui avaient désolé l'empire. L'œuvre porta ses fruits habituels, au delà même de ce qu'on pouvait attendre. Pendant les huit années qu'il y dépensa son activité et son zèle, le P. Petkô, dit l'auteur de son éloge, « arracha des multitudes d'àmes à l'enfer », et mérita le beau nom d'apôtre de la Haute-Hongrie. Bien que ces missions eussent surtout pour objet propre la réforme des mœurs parmi les catholiques, les hérétiques n'étaient pas oubliés, et plus de mille rentrèrent dans le sein de l'Eglise. Beaucoup parmi eux avaient résisté jusque-là à tous les efforts.
Le P. Petko po.ssédait en un degré éminent les vertus qui préparent et assurent les victoires des apôtres : une ardente charité pour Dieu, un profond mépris de lui-môme joint à une tendresse toujours en éveil pour les souiîrances et les misères du prochain, un courage héroïque à supporter pour le salut des âmes les contra-
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dictions et les dangers de toute sorte, la faim, la soif, les intempéries des saisons, la fatigue des vo3'ages. Ses forces s'épuisèrent rapidement dans ce travail excessif, sans repos ni trêve. Les supérieurs le rappelèrent et lui confièrent le gouvernement des collèges de Leutschau et de Kaschau en Hongrie. C'est dans cette dernière ville, la quatrième année de son rectorat, qu'il fut frappé d'un coup soudain d'apoplexie et remit à Dieu sa sainte àme, à l'âge de cinquante ans, dont il avait passé trente-trois dans la Compa-
gnie.
Litlenr anniiw colleg. Provinc. Austr., anno 17.50 {Archiv. Rom.). — Stoger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 26"2. — Sommervogel, Biblioth., t. 6, p. 627.