XXIV FÉVRIER. P. JOSEPH STEIDLE
éloignées de dix verstes l'une de l'autre. Il supporta douze années de suite les fatigues de ce laborieux apostolat, « avec amour et un joyeux entrain », et volontiers il se fût dépensé jusqu'à son dernier soupir au milieu de ces pauvres populations, si l'ukase de l'empereur Alexandre chassant la Compagnie de tous les états de la domination russe ne l'avait forcé à prendre encore une fois la route de l'exil. Il se retira en Bukowine, où, malgré ses soixante-quinze ans, il se livra au travail comme s'il ne sentait pas les atteintes de l'âge. Ce fut seulement au début de sa quatre-vingt-quatrième année que ses forces fléchirent tout à coup. Il eut un autre signe de sa prochaine délivrance. Un jour, après avoir prié avec plus de ferveur devant le Saint Sacrement, il lui sembla entendre une voix au fond de son Ame ; elle disait : « Ego te accipio ad me ; voici que je vais bientôt t'appeler à moi ». Quelques jours après, le courageux et saint vieillard expirait doucement pour aller jouir de Dieu.
Sumniar. ville defunclor. Provinc. Galic. (Archiv. Rom.). — Pour les missions allemandes sur les bords du Volga, on peut consulter les Documents du P. AuG. Carayojj, Missions des Jésuites en Russie, Document T. p. 162 et suiv.