‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 93 sur 327 · XXIV FÉVRIER. P. JOSEPH STEIDLE · texte numérisé non relu

XXIV FÉVRIER. P. JOSEPH STEIDLE

fois tle très g-rands périls et ne craignit même pas de s'exposer à la mort pour défendre les biens dont il avait la garde.

Aussi quand il eut rendu le dernier soupir à cinquante-quatre ans après une douloureuse maladie qui avait fait resplendir sa patience et son admirable union de cœur avec Dieu, son supérieur fit suivre sa courte notice de ces mots qui forment son plus beau panégyrique : « Le F. Meyer est mort après avoir soutenu dans la Compagnie des fatigues sans nombre pour le seul amour de Dieu ».

Summar. vitn^ defunctor. Provinc. Rheni Inferior. (Archiv. Rom.).

* Le vingt-quatiième jour de février de l'an 1828, mourut saintement à Gurahumora, dans la Province de Galicie, le P. Joseph Steidle, de Pfersee, petite ville de Bavière. En 1771, à l'âge de vingt-six ans, il s'était présenté pour être reçu dans la Compagnie en qualité de Frère Coadjuteur, car il n'avait encore fait aucune étude. Avant de l'admettre, le P. Maxime Mangold, Provincial de la Haute-Allemagne, exigea qu'il passât d'abord deux ans parmi les domestiques au service du collège d'Augsbourg. Joseph Steidle se soumit de bon cœur à cette condition, heureux d'acheter si facilement le bonheur d'être à Dieu. Mais avant le terme fixé, la Compagnie fut supprimée par le bref de Clément XIV. Déçu dans ses plus chères espérances, il ne renonça pas pour cela au dessein de quitter le monde. En» attendant que la Providence lui en ménageât les moyens, il continua ses humbles fonctions de serviteur. De longues années

passèrent ainsi. Cependant il sentait des pensées plus hautes germer dans son cœur ; il aspirait maintenant à l'honneur du sacerdoce. Avec une admirable g-énérosité, il se mit à l'étude à l'âge de quarante ans, apprit par lui-même les éléments du latin dans les courts intervalles de ses travaux manuels, étudia ensuite la théologie dans un séminaire et, ordonné prêtre, fut mis à la tête d'une paroisse.

Ce n'était qu'un prélude à la vocation à laquelle Dieu l'avait appelé dans sa jeunesse, et dont l'ardent désir ne tarda pas à se réveiller en son âme. 11 répondit généreusement à la voix d'en haut, se démit de ses fonctions et, en attendant qu'il lui fût possible de prendre le chemin de la Russie, revint se fixer à Augsbourg près des anciens Jésuites, qui depuis la suppression avaient continué d'habiter leur collège et d'y remplir les différents ministères de leur vocation, l'enseignement, la prédication, la direction des âmes. Mais bientôt un décret royal bannit les fils de saint Ignace d'Augsbourg et de toute la Bavière. Joseph Steidle se retira à Mindelheim, et c'est là qu'il reçut enfin dans le courant de l'année suivante la nouvelle si vivement désirée de son admission dans la Compagnie. 11 partit aussitôt pour Polotsk, et à l'âge de soixante-trois ans franchit plein de joie les portes du noviciat.

Depuis plusieurs années déjà, un certain nombre de Pères, sous la conduite du P. Louis Landes, résidaient au milieu des colonies allemandes que l'empereur de Russie avait invitées à venir cultiver et peupler les immenses plaines qui s'étendent le long des deux rives du Volga, dans le gouvernement de Saratow. Le P. Steidle encore novice fut envoyé partager leurs travaux et Tut chargé de la mission dite de Marienthal. 11 avait à desservir deux églises

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