XXVI FÉVRIER. — P. JOSEPH FEER
Le vingt-sixième jour de février de l'an 1738, à Staubing, près de Fribourg- en Brisg-au, le P. Joseph Feer, de Lucerne, mourut victime de son dévouement au service des pestiférés. Il parcourait depuis long-temps en apôtre les villes et les villages de la Haute- Allemagne, et propageait avec d'admirables fruits de salut la dévotion a la très sainte Vierge et à saint François Xavier, si vivante encore aujourd'hui parmi les fidèles de ces contrées. Il avait été une première fois atteint de la peste, à Fribourg, en se dévouant auprès des malades. Toute la ville s'était aussitôt mise en prière pour sa guérison ; Dieu s'était laissé fléchir à de si vives supplications, et le P. Feer avait été subitement guéri. Mais il ne tarda pas à s'exposer de nouveau, avec le même courage, dans une petite ville voisine; et après des prodiges de zèle pour le salut des âmes, il rendit plein de joie son Ame à Notre-Seigneur. Il était âgé de cinquante-et-un ans et en avait passé trente-quatre dans la Compagnie.
BoEno, Menolog., 26 febbr., p. 474.
* Le vingt-sixième jour de février de l'an 1736, le F. Antoine Zoffeln, de Jagendorf en Silésie, mourut au collège d'Olmutz pendant sa seconde année de théologie. La ferveur qu'il avait emportée du noviciat, loin de se refroidir au temps de sa régence et de ses études, n'avait fait que s'enflammer chaque jour davantage. 11 plaçait la perfection au-dessus de tout, et ne négligeait aucun des moyens
donnés par la Compagnie pour aider ses enfants à devenir des saints. Il pratiquait la mortification avec une sorte d'excès ; après sa mort, on trouva enfoncé dans sa chair un instrument de pénitence dont il ne se dépouillait jamais. Notre-Seigneur crucifié avait ravi et comme séduit son cœur, a Si j'étais assuré par une révélation de faire mon salut au milieu des joies du monde et dans l'abondance de tous les biens, je choisirais encore, disait-il, de suivre pauvre et méprisé dans ma sainte vocation mon Sauveur nu et saturé d'opprobres ».
A cet amour de Jésus-Christ, le F. Zoiîeln joignait celui de la bienheureuse Vierge et de la glorieuse sainte Anne. Ses dernières paroles furent un appel à la toute-puissante intercession de ces trois aimables personnes : Jesu, Maria, Anna, aniores mei, niementote mei. Le F. Zoffeln s'endormit doucement dans le Seigneur, il était âgé de vingt-sept ans et en avait passé huit dans la Compagnie.
Littenv ann. colleg. Olomuc. ami. 1736 (Archiv. Rom.).
XXVH FEVRIER
* Dans les premiers mois de l'année 1746, mourut à Oelenberg, dans la Province de Haute-Allemagne, le F. Louis Jeslin, Coadjuteur temporel, emporté par une mort prématurée, à l'âge de trente ans, mais déjà riche en mérites et en vertus. Il s'était distingué par sa dévotion à la sainte Vierge et au Saint Sacrement, par l'amour du travail et de la prière, l'humilité, l'obéissance et un entier oubli de lui-même. Il s'éteignit dans les sentiments d'une paix admirable ; c'était, dit l'auteur de sa notice, le fruit et la récompense de son attention à se garder de tout ce qui aurait pu blesser la pureté de son àme et offenser Dieu.
Ex Histor. Oelenberg. [Archiv. dont.].