‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 10 sur 362 · IV JUILLET. — P. ISIDORE BELLINI · texte numérisé non relu

IV JUILLET. — P. ISIDORE BELLINI

ge de Messine, et malgré sa grande jeunesse, il fut nommé par saint Ignace ministre et professeur de philosophie. Une grande tentation vint alors l'assaillir. Un de ses frères, religieux d'un autre Ordre, essaya de l'entraîner et de lui faire partager son genre de vie. Il lui représentait que, dans la Compagnie, il faut perpétuellement vivre de la vie commune, confondu dans la foule, sans espérance de se produire, sans distinction d'aucune sorte, même dans la vieillesse. Le jeune homme sentit peu à peu son âme fléchir devant ces perfides suggestions, et un jour enfin misérablement vaincu, il quitta le collège ^et suivit le tentateur. Mais au moment de mettre le pied dans le riche monastère où on le conduisait, il fut saisi d'une telle horreur de sa faute et de son ingratitude envers Ignace et la Compagnie, qu'il s'arrêta brusquement comme sur le bord d'un abîme, et revenant en hâte sur ses pas, il rentra au collège. Il y fut accueilli comme le prodigue dans la maison paternelle. Mais il comprenait qu'une réparation était nécessaire ; il voulut qu'elle fût publique comme la faute ellemême. A genoux devant tout le collège, maîtres et écoliers, il demanda pardon du scandale de sa défection, et en témoignage de son repentir, il renouvela le vœu de vivre et de mourir dans la Compagnie.

Ainsi relevé aux yeux de Dieu et des hommes, Isidore Bellini commença une vie nouvelle. Non content des fatigues de son emploi, il y ajouta celles du ministère des âmes ; il semblait vouloir se multiplier pour effacer jusqu'aux dernières traces de sa faute. La Providence ne tarda pas à lui ménager l'occasion de la plus glorieuse des réhabilitations.

Le vice-roi de Sicile envoyait une flotte de quinze galères au se-

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cours de la petite ville d'Africa, au sud de Tunis, menacée par les pirates maliométans. Le P. Jérôme Natal s'offrit au vice-roi pour donner aux soldats et aux matelots les secours de son ministère spirituel, et prit avec lui le P. Isidore Bellini. Déjà l'escadre, sous les ordres d'Antoine Doria, n'était plus éloignée des côtes d'Afrique, quand elle fut assaillie par une horrible tempête qui engloutit en peu de temps huit galères avec près de trois mille hommes. Le vaisseau amiral, sur lequel étaient les missionnaires heurta contre les écueils qui bordent l'île de Lampadouse ; la violence du choc précipita le P. Bellini à la mer ; son bras engagé entre le navire et un rocher fut presque entièrement détaché. Cependant il eut assez de force pour saisir un cordage et être remonté à bord. Mais ce n'était que pour être replongé bientôt dans l'abîme. A travers les flancs déchirés de la galère, l'eau entrait à gros bouillons ; le naufrage était donc imminent. Sans prendre garde à son horrible blessure, le P. Bellini ne pensa qu'à préparer à la mort les malheureux qui dans un moment allaient paraître devant Dieu. Les rares survivants de la catastrophe, témoins de son héroïsme et de sa charité, ne savaient comment exprimer leur admiration : « Il est mort, disaientils, avec le courage d'un soldat et la sainteté d'un martyr».

Orlandinus, Histor. Societ. Jesu, lib. H, nn. 21 seqq., p. 343. — ■ Alberti, Istoi\ délia Provinc. di Sicil. , p. 12 et suiv. — Aguilera, Histor. Proviiic. Sicul., t. l, p. 8, 10, 77 seqq. — Patrignani, Menol. , ^ luglio, p. 39. — Nadasi, Ann. dier. memor., 4^ jul.^ p. 10.

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