‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 9 sur 362 · IV JUILLET. — P, AMBROISE GALLERATI · texte numérisé non relu

IV JUILLET. — P, AMBROISE GALLERATI

n'eût été plus facile au P. Gesio que de se mettre aussi en sûreté. Il préféra se dévouer au salut des blessés et des prisonniers. Mis h la chaîne avec eux, il profita de son esclavage pour soutenir leur foi et les consoler, dans une si rude et si dangereuse épreuve. Les premiers Pères de la Mission française de Péra, grâce à leurs démarches et à celles du baron de Salignac, ambassadeur du roi de France, obtinrent, il est vrai, sa liberté, des ministres du Grand-Seigneur ; mais le serviteur de Dieu ne s'en réjouit que parce qu'elle le mettait à même de secourir les âmes d'un plus grand nombre de malheureux, dont sa captivité à fond décale l'avait tenu éloigné jusqu'alors. Durant la peste de 1611, il donna joyeusement sa vie, après avoir ouvert le ciel à une multitude de pauvres mourants.

Santagata, Istoria délia Provincia di Napoli, t. 3, p. 335.

Le quatrième jour de juillet de l'an 1723, mourut en odeur de sainteté à Milan le P. Ambroise Gallerati, l'apôtre de cette ville, qu'il évangélisait depuis quarante ans. L'Histoire de la Compagnie nous signale trois principaux monuments de son zèle : la congrégation des pauvres, qu'il préparait six ou sept fois par an, au nombre de plusieurs centaines, à une communion générale ; la création d'une maison spéciale pour les Exercices de saint Ignace, où plus de cinq cents hommes chaque année venaient méditer pendant huit jours, et travailler sous sa conduite à la réforme de leur vie j enfin la grande congrégation des prêtres, qui réunissait

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presque tous les ecclésiastiques de Milan. Il avait si bien gagné leurs cœurs, que les curés mêmes des campagnes accouraient de bien loin pour entendre ses exhortations, et remettre la direction de leur conscience entre ses mains. Comme il donnait une fois les Exercices dans un monastère de Bergame, il fut assailli d'une fièvre ardente qui le réduisit à l'extrémité. Bientôt les plus habiles médecins le déclarèrent perdu sans ressource ; l'évêque voulut lui-même apporter au saint malade le saint viatique. Mais considérant avec douleur la perte que tant d'âmes et le clergé surtout allaient faire par la mort d'un pareil apôtre, ce charitable et zélé pasteur, après avoir rapporté Notre-Seigneur dans son tabernacle, demeura longtemps prosterné au pied de l'autel, et s'offrit comme victime à Jésus-Christ, pour racheter une vie si précieuse. Il eut aussitôt l'assurance que sa prière était exaucée, et courut en porter la nouvelle au P. Gallerati, qui reçut en effet son dernier soupir peu de jours après.

Patrignani, Âfenol., 4 luglio, p. 46.

* Le quatrième jour de juillet de l'an 15bi, mourut enseveli dans les flots non loin des côtes d'Afrique, le P. Isidore Bellini, qui racheta un moment de faiblesse et d'inconstance par une vie sainte et une mort héroïque. II avait été reçu à Rome par notre Bienheureux Père. Après avoir étudié dans les universités de Paris et de Coïmbre, il accompagna les Pères qui allaient fonder le collé-

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