‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 105 sur 362 · XXVI AOUT · texte numérisé non relu

XXVI AOUT

Le vingt-sixième jour d'août de l'an 1624, mourut au collège de Naples le F. Coadjuteur Jean ui Pietro, en très haute réputation de sainteté. Ce n'était pourtant qu'un humble tailleur, occupé tout le jour à coudre en silence, et méconnu parfois indignement de ceux mêmes qui auraient dû rendre plus de justice à sa vertu. Comme il assistait au lit de la mort le célèbre P. Jean-Baptiste Pescatore: « Mon frère, lui dit ce grand serviteur de Dieu, je ne guérirai pas de cette maladie ; mais souvenez-vous de mes dernières paroles. Vous serez envoyé de cette maison dans une autre ; et là, sachez qu'une tribulation très pénible vous attend. Ayez cependant bon courage ; souffrez cette épreuve d'un cœur ferme ; Dieu et sa très sainte Mère seront avec vous ; quant à moi, je vous promets <[u'au ciel je ne vous oublierai jamais » ! Tous les détails de cette prédiction s'accomplirent à la lettre. Le F. di Pietro, envoyé à Salerne, eut tant à y souffrir, que la mort lui eût paru douce auprès de pareilles peines. Mais durant la seconde année de cette épreuve, au temps de sa plus profonde tristesse, le P. Pescatore lui apparut deux fois en plein jour, pour le fortifier ; puis dans une nouvelle visite, il redescendit vers lui pendant son sommeil, en A. I. — T. II. — 28. 217

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compagnie de la Reine du ciel, qui adressa ces mots au pauvre affligé: « Pierre, vous retournerez dans ma maison». Elle appelait ainsi le collège de Naples, si célèbre alors par ses congrégations, où fleurissaient toutes les vertus. Une sentence juridique dissipa les calomnies dont Notre-Seigneur avait permis que la réputation du F. di Pietro fût noircie, et il revint à Naples.

Sa pauvre cellule, où semblèrent affluer dès lors toutes les bénédictions du ciel, ne fut plus regardée que comme le sanctuaire d'un saint. Quand quelque jeune religieux allait s'entretenir avec lui des choses de Dieu, il le priait d'ordinaire de lire un chapitre de l'Imitation, et tous les secrets de la vie intérieure se découvraient sans eff'ort à sa pensée. Neuf fois par jour, il s'agenouillait quelques moments, afin de s'associer aux neuf chœurs des anges, et de les appeler à son aide pour louer ensemble et glorifier Dieu. En l'honneur des cinq plaies de Jésus en croix, il portait un rude cilice au moins cinq heures par jour, et se flagellait jusqu'au sang. Parmi tous les bienheureux habitants du ciel, il honorait d'un culte particulier saint Hommobon, que Dieu avait autrefois sanctifié par une vie semblable ; il obtint même la permission de lui élever une chapelle. Le saint lui en témoigna sa reconnaissance par plusieurs grâces miraculeuses ; entre autres, par la guérison soudaine d'un ulcère qui avait mis ses jours en danger.

ScHiNosi, Istor. délia Prov. di Napol., t. 2, p. 159, 166. — Santaga- TA, Istor. délia Prov. di Nap., t. 4, p. 340 et suiv.

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* Le vingt-sixième jour d'août de l'an 1611 mourut au collège de Bivona le P. François Miroldo, dont toute la vie fut une image de la mansuétude et de la charité du Sauveur. Recteur de plusieurs collèges, Maître des novices à Palerme, il s'appliquait avant tout à dilater les âmes et à les gagner par la douceur et la bonté, et les amenait ensuite sans efîort aux sacrifices les plus pénibles. Sa charité s'étendait à toutes les misères spirituelles et temporelles du prochain. Il fit réparer l'hôpital de Bivona, qui s'en allait en ruines ; il pourvut par de larges aumônes à l'honneur des jeunes filles en danger ; il fonda une association pieuse dont le but était de venir en aide par tous les moyens possibles aux âmes souffrantes du purgatoire. Enfin chargé de mérites et vénéré de toute la ville, qui le pleura comme son bienfaiteur, le P. Miroldo expira saintement un vendredi, ainsi qu'il l'avait demandé, et à la même heure que Notre-Seigneur. Il était âgé de cinquante-cinq ans.

Litterm annuse, anno 1611, p. 10. — Aguilera, Historia Proviiic. SlcuL, t. i, p. 649. — N.VDA.SI, Annus dicr, memor., 26" o«g". , p. 125. — DnEws, Fasti Soc. Jesu, 26 * aug., p. 330.

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