‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 116 sur 362 · IV SEPTEMBRE. — T. JÉRÔME DE GRAVINA · texte numérisé non relu

IV SEPTEMBRE. — T. JÉRÔME DE GRAVINA

sanctifier leur indigence, surtout par le saint et fréquent usage des sacrements.

Aguilera, Histor. Provinc. SicuL, t. 2, p. 345 seqq. — Nadasi, Ann. dier. mentor., 4^ sept., p. 143. — Drews, Fasti Soc. Jcs., ^r' sept., p. 344.

* Le quatrième jour de septembre de l'an 1G62, le V. Jérôme de Gravina mourut à Tchang-chou après vingt-cinq années de travaux apostoliques. II était né à Caltanisetta, d'une des plus nobles et des plus opulentes familles de la Sicile. A quinze ans, il dit adieu au monde pour embrasser l'humilité et la pauvreté de la croix dans la Compagnie de Jésus ; et comme si ce sacrifice n'était qu'un prélude à une immolation plus complète de lui-même, il sollicita la grâce d'aller s'ensevelir au fond des missions les plus lointaines et les plus laborieuses. En 1635, il partit pour les Indes orientales avec le P. Marcel Mastrilli et trente-un autres compagnons, et fut associé par les supérieurs aux ouvriers qui arrosaient de leurs sueurs le sol longtemps infécond de la Chine. Son ingrate mémoire semblait lui ôter l'espérance d'apprendre la langue du pays ; mais grâce à un travail opiniâtre, soutenu par l'amour des âmes, il triompha de toutes les difficultés ; il écrivit même en chinois un ouvrage important, également estimé des chrétiens et des paycns, et utile encore de nos jours. Les considcrations sur les différents mystères de la foi. La chrétienté de Tchangchou, dont il avait le soin, ne tarda pas à devenir une des [dus florissantes par le nombre des fidèles et la solidité de leur instruction religieuse, par la beauté des églises et l'établissement des

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diverses œuvres de piété, entre autres de plusieurs cong-régations de la sainte Vierge. On admirait dans le P. de Gravina sa douceur, son dévouement sans bornes au bien de son troupeau, sa rigoureuse abstinence et une dévotion si tendre qu'il ne pouvait offrir le saint sacrifice sans répandre des larmes abondantes.

Cependant les Tartares avaient envahi l'empire et renversé l'ancienne dynastie : leurs armées s'étaient répandues dans les provinces, semant partout les ruines et la mort. Quand ils s'emparèrent de Tchang-chou, le missionnaire était retenu par une dangereuse maladie. Un soldat pénètre jusqu'à lui pour l'égorger ; mais à la vue de la douce majesté qui règne sur ses traits, il s'arrête interdit et s'éloigne sans lui faire de mal ; puis comme ramené par une force mystérieuse, il se jette à ses pieds, se fait instruire de la religion, et bientôt après, le premier des Tartares, il reçoit le baptême des mains de celui qu'il avait voulu frapper. A force de courage et de persévérance, le P. de Gravina répara les désastres de l'invasion, et sa chrétienté devint même plus prospère qu'auparavant.

Sa mort fit éclater les sentiments de vénération dont il était l'objet de la part des chrétiens. A peine la nouvelle se fut-elle répandue qu'il était près de mourir, les plus considérables d'entre eux sollicitèrent la grâce de le voir et de l'entendre encore une fois ; le P. de Gravina, toujours apôtre, se rendit à leurs désirs ; il adressa la parole à chacun d'eux, leur donna des conseils salutaires et les encouragea à persévérer dans la foi ; et peu après, il remit son âme entre les mains de Dieu. 11 était âgé de cinquante-neuf ans et en avait passé quarante-quatre dans la Compagnie.

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