VI JUILLET. — P. JEAN-PAUL RISI
* Le sixième jour de juillet de l'an 1629, mourut dans la maison professe du Gesù ù Rome le P. Jean-Paul Risi, modèle d'humilité et de haine de lui-même. Directeur très expérimenté, il passa la plus grande partie de sa vie religieuse dans les importantes fonctions de Maître des novices et d'Instructeur des Pères de troisième probation. On pourrait dire, si l'esprit de Dieu n'avait ses voies particulières, que ses mortifications étaient excessives : à force de jeûnes, de veilles, de rigueurs de toute sorte, il avait tellement épuisé son corps, qu'il paraissait un cadavre ; mais pour les autres, le P. Risi était plein d'indulgence et de suavité. Un jour, il n'hésita pas à exposer sa vie pour sauver ses novices d'un grand danger. Ceux-ci se promenaient dans le jardin de Saint- Vital, quand un taureau s'élança sur eux cornes baissées ; à leurs cris, le bon Père accourut et se jetant au devant de la bête, il l'arrêta net, et la ramena à son étable, comme si c'eut été le plus doux des agneaux.
La pensée du ciel ne le quittait point. Semblable à notre Bienheureux Père, il ne pouvait lever les yeux sans être transporté du désir de voir Dieu. Trois nuits dans l'année lui étaient chères entre toutes: celles de l'Incarnation, de la Nativité et de la Passion du Fils de Dieu ; il les passait dans tous les exercices de la prière et de la pénitence. Le P. Risi mourut dans la soixante-sixième année de son âge et la quarante-cinquième depuis son entrée dans la Compagnie ; en témoignage de la vénération dont il était l'objet, son éloge fut prononcé publiquement au réfectoire, honneur, dit l'historien de la Compagnie, réservé aux religieux d'une éminente vertu.
30 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
CoRDARA, Hislor. Societ. Jesu, pars. 6* , lib. 14, n. 3, p. 274, — Pa- TRiGNANi, MenoL, 6 luglio, p. 56. — Santagata, Istoria délia Provinc. di Napoli, t. 4, p. 511 et suiv.
* Le sixième jour de juillet rappelle la glorieuse mort du P. Antoine Genovese, tombé victime de son dévouement, avec plusieurs de nos Pères et Frères, dans la grande peste de Messine, en 1743. C'était un religieux d'une perfection éminente. Souvent on l'avait vu pendant le saint sacrifice, le visage enflammé, tout le corps tremblant d'un saint respect ; des soupirs s'échappaient de ses lèvres comme s'il n'avait pu contenir en lui-même la violence du divin amour. Pour reproduire plus fidèlement l'image du Sauveur chargé de coups et d'opprobres, il se faisait fouler aux pieds, souffleter rudement, souiller de crachats, par un serviteur auquel il avait persuadé, à force d'instances, de lui infliger ces traitements ; et pour que cet homme fût moins retenu par un sentiment de respect ou d'horreur, il lui bandait les yeux.
A cette haine de lui-même, le P. Genovese joignait un zèle ardent pour le salut des âmes. Depuis vingt ans déjà, il évangélisait la Sicile avec de grands fruits et une haute réputation de sainteté, lorsque les supérieurs lui confièrent la charge de Maître des novices h Messine. Il eut bientôt à confirmer par son exemple les grandes leçons de sacrifice qu'il leur donnait. La peste se déclara dans la ville et y fit d'horribles ravages. Les Nôtres, le P. Genovese à leur tête, s'empressèrent de voler au secours des malades et des moribonds. Les novices eux-mêmes voulurent avoir leur part dans ces glorieuses fatigues ; mais plusieurs ne tardèrent pas à être atteints, et le mal se communiquant, la maison fut
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transformée en un véritable hôpital. Le P. Genovese dut venir alors se fixer auprès d'eux ; il leur prodigua ses soins avec la tendresse et la sollicitude d'une mère. La plupart des Pères étant ou déjà morts, ou malades, ou retenus dans la ville par les devoirs de leur ministère, il restait presque seul à leur chevet; il leur servait à la fois d'infirmier et de cuisinier ; mais surtout il était leur consolateur. A l'exception de cinq qui furent épargnés, il eut la douleur de les voir tous expirer entre ses bras. Il fut alors frappé à son tour, et alla les rejoindre dans le sein de Dieu.
Lettere annue délia Provinc. di Sicilia (Arch. Rom.).