‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 143 sur 362 · XVII SEPTEMBRE. — P. FRANÇOIS PIAZZA · texte numérisé non relu

XVII SEPTEMBRE. — P. FRANÇOIS PIAZZA

<Ians un temps de contagion, consacre au service clés malades, et il avait failli être victime de sa charité. Déjà même il croyait tenir la palme, lorsque sainte Rosalie, la glorieuse protectrice de Palerme, lui apparut et le rendit à la santé. Le même jour, il courut reprendre son poste de dévouement au clievet des pestiférés. Epargné cette fois, mais toujours désireux de se donner aux plus misérables, le P. Piazza, le fléau disparu, choisit les prisons de Palerme pour théâtre de son apostolat. 11 passait tout le jour dans ces tristes demeures, sans cesse occupé à consoler, à instruire ceux que la justice humaine y tenait renfermés, grands criminels ou malfaiteurs vulgaires. Il avait fait de ces malheureux comme sa famille. Il mendiait pour eux auprès de ses amis et des personnes pieuses, afin de leur venir en aide et d'adoucir leurs privations ; il se faisait leur intercesseur pour obtenir une diminution de leur peine ou leur mise en liberté ; souvent même, après les fatigues du jour, il consacrait de longues heures, pendant la nuit, à la tâche ingrate de copiste, pour augmenter ses ressources et secourir plus largement ses protégés.

Mais sa première sollicitude allait à leurs intérêts spirituels. A force de douceur et de patience, il bannit du milieu d'eux les dissensions et les querelles, les jurements et les blasphèmes ; il les amena même à la pratique de la confession et de la communion mensuelle ; et ainsi ces lieux, auparavant le repaire de tous les vices, devinrent, grâce à son zèle, un séjour où s'épanouissaient les plus belles vertus. Emerveillés d'une transformation si complète, les magistrats de la cité en rendirent à l'homme de Dieu de solennelles actions de grâces.

Après quarante années environ consumées dans ce pénible et

A. I. — T. II. 'il.

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obscur minislère, le P. Piazza alla recevoir la récompense promise par le divin Maître à ceux qui l'ont visité dans les chaînes. Les prisonniers de Païenne, par leurs regrets et leurs larmes, firent le plus glorieux panégyrique de celui qu'ils avaient aimé comme un père et vénéré comme un saint. Le P. Piazza était âgé de soixante-neuf ans; il en avait passé quarante-neuf dans la Compagnie.

Aguilera, Histor. Provinc. SicuL, t. 2, p. 1^1.

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