‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 16 sur 362 · VII JUILLET. — P. JEAN-BAPTISTE PESCATORE · texte numérisé non relu

VII JUILLET. — P. JEAN-BAPTISTE PESCATORE

réclamer ; mais touché des belles réponses que le Saint-Esprit mettait dans sa bouche, il lui donna sa bénédiction en disant : a Mon fils, que Notre-Seigneur daigne faire de vous un saint » ! Jean-Baptiste Pescatore se mit sans tarder à ce grand travail, et prit pour règle de sa nouvelle vie les plus beaux exemples de mortification et de prière des saints. Durant seize années entières, il porta continuellement le cilice ; il ne le laissait quelques moments chaque jour que pour se flageller jusqu'au sang ; il lui fallut un ordre de l'obéissance pour adoucir ce rude traitement. Nommé par le P. Mercurian Maître des novices do Rome, le P. Pescatore reçut bientôt de Notre-Seigneur le don de voir dans une lumière surnaturelle les actes intérieurs et extérieurs de ceux qu'il avait sous sa conduite, ainsi que les dangers du corps et de l'âme qui les menaçaient. Sa vie est pleine de traits où éclate cette grâce merveilleuse. L'histoire nous a conservé entre autres le souvenir du terrible jour où la foudre fit sauter la poudrière de Sant'Elmo, à Naples. Le saint homme avait été prévenu d'avance par un avis du ciel de l'explosion, et s'était hâté de réunir tous ses enfants dans une salle à l'abri du péril, après y avoir fait apporter les cordiaux nécessaires pour ranimer leurs sens, après que la détonation et la secousse les auraient renversés tous évanouis.

Sa réputation de sainteté était universelle. On vit le vice-roi de Naples, le comte de Miranda-, baiser avec respect, en visitant le réfectoire, les moindres objets préparés à la place de l'homme de Dieu. Par une coïncidence qui fut regardée comme miraculeuse, lorsqu'on en connut les détails, le P. Pescatore ressentit h Naples les premières atteintes de la mort qui allait briser ses liens, à

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l'heure même où dans la nuit du 21 juin 1591 son saint novice, Louis de Gonzague, s'envolait au ciel. On ne tarda pas à s'apercevoir qu'il en avait reçu d'en haut une révélation expresse. A la nouvelle qu'il ne restait plus aucun espoir de le conserver, tous les Juvénistes de Noie qui l'avaient eu pour père au noviciat, firent demander en grâce au Père Provincial la permission de se rendre à Naples, afin de le voir encore une fois, et de recevoir sa bénédiction. Un seul fut choisi au nom de tous, pour ce touchant ministère de vénération et d'amour filial. Le saint mourant pria Notre-Seigneur de ratifier cette bénédiction, en leur donnant la persévérance ; grâce qui leur fut en effet accordée h tous sans exception.

JuvENCius, Histor. Societ. Jes., part. 5» , l. 24, n. 9, p. 776. — Litlerse ann. Societ. Jes., anno 1591, p. 53. — Patrignani, Menol., 7 luglio, p. 60. — Nadasi, Annus dier. meinor., 1^ jul., p. 14. — Drews, Fastî Soc. Jes., 7* jul.., p. 258. — Schinosi, Istor. délia Provinc. di Napoli., t. 2, p. 62 et suw., 144 et suiv., 158 et suiv. — Rho, Varias virtutum Histor., p. 225, 450, 528, 797, 851.

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