VIII JUILLET
Le huitième jour de juillet, l'an 1605, mourut, après dix mois seulement de vie religieuse parmi les novices de Naples, le jeune F. César de Novellis dont la timidité naturelle parut changée, aux approches de la mort, en un courage étonnant et une douce et délicieuse joie. Le médecin auquel il obéissait, selon la règle, comme à la personne même de Notre-Seigneur, fut si profondément frappé de le voir toujours souriant parmi les plus vives douleurs, qu'il félicita hautement nos Pères de ne pas permettre qu'on transportât le pauvre mourant dans sa famille : « Vous aurez ainsi, leur disait-il, les restes d'un bienheureux au milieu de vous ». Plus les étouffements et les angoisses du F. de Novellis augmentaient, plus il semblait goûter de délices, et comme on lui en demandait la cause : « Trois pensées me rendent très douces toutes mes amertumes, répondit-il ; le ciel qui s'achète par la souffrance, le démon vaincu par la patience, et par dessus tout la vue de Jésus en croix et de Marie au pied de la croix » !
Litterse ann. Societ.^ anno 1605, p. 47. — Santagata, Istoria délia Provinc. di Napoli, t. 3, p. 185.
36 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
Le huitième jour de juillet de l'an 1656, mourut au collège de Palerme le P. Charles Vintimiglia, descendant d'une de ces vieilles familles normandes qui s'étaient établies en Sicile avec le comte Roger, au onzième siècle, après en avoir glorieusement chassé les Sarrasins. Appelé trois fois au gouvernement des différentes maisons de Palerme, et à celui de toute la Sicile dans ses dernières années, il passait à bon droit pour l'un des meilleurs supérieurs qu'eût possédés jusqu'alors la Province. On admirait surtout en lui comme le fait remarquer l'histoire de la Compagnie en Sicile, cette qualité tant recommandée par notre Bienheureux Père, de laisser à chacun son mouvement et sa juridiction propre, tout en se faisant rendre un compte exact, de la manière dont l'emploi était rempli. Bien loin de perdre ainsi quelque chose de son autorité, ajoute le P. Aguilera, il la rendait au contraire plus vénérable, et il était plus sûrement et plus filialement obéi.
Cette largeur d'esprit et de cœur du P. Vintimiglia n'était pas moins le fruit de son union avec Notre-Seigneur et de son étude assidue des Constitutions, que de ses belles et grandes qualités naturelles. Il donnait tous les jours de longues heures à la prière, lors môme que le poids et la multitude des affaires l'accablaient le plus. Il passait en particulier la veille des fêtes de Notre- Dame sans prendre aucune nourriture, et, autant que possible, sans parler, dans un perpétuel recueillemennt. Aussi mérita-t-il, longtemps à l'avance, d'être averti du jour précis de sa mort par la très aimable Mère de Dieu.
Aguileiu, Historia Provînc. SicuL, t. 2, p. 629 seqq.