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recourir aux armes spirituelles de la prière et de la pénitence. Sa persévérance triompha enfin ; mais une inexorable maladie de poitrine qu'il tenait de sa mère, devait le consumer rapidement ; à l'âge de dix-huit ans, il rendit paisiblement son âme h Notre- Seigneur, laissant les plus beaux exemples de conformité à la volonté de Dieu.
ScHiNosi, Istoria délia Provinc. di Napoli^ t. 2, p. 107 et suiv. — Na.- DASi, Annus dier. memorab., 3* octob., p. 202. — Drews, Fasli Societ. Jesu, 3* octob., p. 386. — Pa.trignani, Menologio, 3 ottob., p. 18.
* Le troisième jour d'octobre, l'an 1696, mourut à Hang-tcheou après trente-sept années de travaux apostoliques en Chine, le P. Prosper Intorcetta, né à Piazza, en Sicile. Envoyé à Catane pour y étudier le droit, il s'enfuit secrètement au noviciat de Messine. Il aspirait déjà au bonheur d'aller prêcher l'Evangile aux peuples de l'extrême Orient. Dès qu'il eut terminé ses études théologiques, il partit avec le P. Martin Martini, qui emmenait au secours des missions de l'Inde quinze vaillants ouvriers.
A son arrivée en Chine, le P. Intorcetta fut chargé des chrétientés du Kiang-Si, qui depuis vingt ans n'avaient plus de pasteur ; il bâtit une belle église, et en deux ans, par l'activité de son zèle, il gagna deux mille néophytes à la foi de Jésus-Christ. Diverses persécutions vinrent coup sur coup entraver ou arrêter ses conquêtes sur l'idolâtrie. Accusé auprès du vice-roi de la province d'être le chef d'une bande de cinq cents malfaiteurs qui promenaient partout leurs rapines, il vit son église détruite et fut obligé de se cacher. Découvert dans sa retraite, il fut traîné captif à Pékin, et
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condamne, avec vingt-cinq autres missionnaires de la Compagnie, à la réclusion dans une maison de Canton. Là, ces généreux confesseurs de Jésus-Christ, émus des maux qui désolaient l'Eglise de Chine, et espérant contre toute espérance que des jours meilleurs se lèveraient pour elle, résolurent de députer l'un deux auprès du Père Général pour solliciter l'envoi de nouveaux secours, et ils fixèrent leur choix sur le P. Intorcetta, Un Père fut mandé de Macao pour prendre sa place dans la prison et sauvegarder la responsabilité du geôlier.
La mission du P. Intorcetta fut heureuse ; mais les secours promis n'arrivèrent que quelques années plus tard ; il dut reprendre seul le chemin de l'orient. La persécution avait cessé, et il exerçait les fonctions de Vice-Provincial, quand il vit passer par le lieu de sa résidence, pour se rendre à Pékin, les PP. de Fontaney, Bouvet, Le Comte, Gerbillon et de Visdelou. « Béni soit Dieu, s'écria-t-il en les accueillant, de ce qu'il nous a fait enfin miséricorde » ! Et associant les petits enfants à sa joie, il leur apprit à répéter cette touchante prière : « Seigneur, conservez les Pères qui viennent travailler au salut de nos âmes ».
Une dernière épreuve acheva de faire briller sa patience et la vivacité de sa foi. A l'occasion d'une querelle survenue entre un chrétien et un payen, les mandarins de la province le citèrent à comparaître devant leur tribunal. Il était alors malade, et aurait pu se dispenser de répondre à leur appel ; mais il ne voulut pas perdre une occasion si précieuse de confesser le nom de Jésus-Christ ; 0 il se fit porter devant ses juges, et de tous les mandarins qui l'interrogèrent, il n'y en eut aucun qui n'îidmiràt la grandeur de son courage ». Le P. Intorcetta survécut peu d'années à cette épreuve.
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Avant de mourir, il eut la consolation de voir l'empereur Kang-Hi, à la sollicitation des Pères de Pékin, rendre en faveur de la religion chrétienne un édit solennel et mettre fin à la persécution. Il s'endormit saintement dans le Seigneur, à l'âge de soixante-douze ans, dont il avait passé cinquante-quatre dans la Compagnie.
SoTUELLus, Biblioth., p. 714. — Sommervogel, Bibliothèque^ t. 1, /». 640. — PfiSTEn, Notices biogr. et bibliogr., n. 112. — Mongitore, Biblioth. Sicula, t. 2, j). 193. — LE GoBiEN, Histoire de l'e'dit de l'empereur de la Chine.. . — A. Rémusat, Nouveaux me'langes asiatiques, t. 2, p. 229 et suiv.