‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 170 sur 362 · VII OCTOBRE · texte numérisé non relu

VII OCTOBRE

Le septième jour d'octobre de l'an 1630, mourut très saintement dans les hôpitaux de Bologne le P. Ange Orimbelli, de Vérone, victime de sa charité au service des pestiférés. Il était déjà docteur en droit romain et en droit canon, et jouissait d'un brillant renom d'éloquence, lorsqu'il sollicita son entrée dans la Compagnie. Avant l'explosion de la peste à Bologne, il avait demandé au P. Mutins Vitelleschi la grâce d'exposer sa vie pour le salut des âmes, dès que les premières atteintes du fléau se feraient sentir. Mais il ne cherchait que la peine et ne put cacher son affliction, lorsque le cardinal Spada, légat du Saint-Siège, et le sénat de Bologne lui déférèrent la surintendance suprême du vaste lazaret qu'ils avaient fait construire en dehors de la cité. Il se dévoua quatre mois entiers à sa laborieuse mission, et sembla préservé de Dieu, pour consoler à leurs derniers moments ceux qui lui avaient été confiés. Au moment oii la désolation était plus grande, priant un jour très instamment Notre-Seigneur d'arrêter les ravages du fléau, il se sentit tout à coup inspiré de faire mettre la ville et les habitants de Bologne sous la protection de saint Ignace et saint François Xavier ; il avait l'intime assurance que ces deux puissants protecteurs fléchiraient la colère de Dieu ; en

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effet, le 31 juillet 1630, jour de cette consécration solennelle, faite au nom du sénat et du peuple, beaucoup de malades se trouvèrent guéris ; et d'après la déposition juridique des médecins, pas un seul nouveau cas ne fut constaté ce jour-là dans Bologne. Sans cesser tout à fait, le mal commença dès lors à décroître rapidement ; et quand il eut presque entièrement disparu, le Père Orimbelli fut atteint presque le dernier de tous. 11 voulut mourir à l'hôpital, là même où il avait si souvent exposé sa vie pour l'amour de Jésus-Christ. Il était Agé de cinquante-huit ans, et en avait passé trente-deux dans la Compagnie.

CoRDAUA, Historia Societ. Jesu, part. 6a, lib. 15, n. 30, p. 356. — Alegambe, Mortes illustres, p. 309. — Patrignani, Menol., 7 ottob., p. 52. — Drevvs, Fasti Societ. Jesu, 7a octob., p. 392. — Cassani, Varones ilustres, t. 1, p. 256 et suiv.

* Le septième jour d'octobre de l'an 1658, mourut à Buenos-Ayres, où il exerçait les fonctions de Père spirituel, le P. Jean-Baptiste Ferrufino, d'une noble famille de Milan. 11 avait été baptisé par le saint archevêque Charles Borromée, et comptait cette grâce parmi les plus précieuses de sa vie. Entré dans la Compagnie à l'âge de dix-neuf ans, il s'offrit presque aussitôt au P. Jacques de Torrez, qui recrutait des ouvriers en Europe pour les missions espagnoles et portugaises du Nouveau-Monde. Jean-Baptiste Ferrufino n'avait point de plus ardent désir que de porter le nom de Jésus-Christ aux peuplades encore infidèles de ces contrées. Mais à part un petit nombre d'années consacrées à l'évangélisation des tribus qui peuplent le Chili et les bords de l'Uruguay, il fut retenu la plus

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grande partie de sa vie religieuse dans les charges du gouvernement. Il ne vit dans cette disposition des supérieurs que la sainte volonté de Dieu, qui rend aimables les plus durs sacrifices. Au reste, Maître des novices à Gordoue del Tucuman, Vice-Provincial du Chili, Recteur de la maison d'études de Santiago, Provincial du Paraguay, et enfin Père spirituel au collège de Buenos -Ayres, il n'en travaillait pas moins efTicacement au salut des âmes, en préparant aux Indiens des missionnaires animés d'un zèle ardent et prêts à toutes les fatigues.

Par sa vertu le P. Ferrufino était digne de servir d'exemple h ses frères, comme par sa sagesse il était digne de leur commander. C'était son invariable coutume, au milieu du plus grave souci des affaires, d'ajouter chaque jour deux heures à l'oraison commune, et s'il le fallait, de dérober ce temps à son sommeil. Comme notre Bienheureux Père, il avait sans cesse l'œil ouvert sur ses actions, et ne perdait pour ainsi dire jamais de vue la présence de Dieu. Ses mortifications, même dans la vieillesse, étaient si rigoureuses, que les supérieurs durent l'obliger à les modérer. Sa piété envers Notre-Seigneur et la sainte Vierge était si tendre, qu'il avait peine à parler de leurs perfections et de leurs amabilités ineffables, sans répandre des larmes abondantes. Aussi jouissait-il, parmi les Nôtres et parmi les étrangers, de la réputation d'un saint. La ville de Buenos-Ayres lui fit des funérailles magnifiques en témoignage de l'estime et de la vénération qu'elle professait pour l'homme de Dieu. Le P. Ferrufino était âgé de soixante-dix-huit ans, et en avait passé cinquante-sept dans la Compagnie.

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Elogia defunctor. in Provinc. Parag. ( Arch. Rom. ). — BoEno, Notice ms. (Arch. Rom.). .

* Le septième jour d'octobre de l'an 1682, mourut à Pékin le P. Louis Buglio, de la Province de Sicile. Il était né à Mineo, d'une noble famille, et presque au sortir du berceau, il avait été inscrit parmi les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Mais la piété et la modestie des novices de Palerme firent sur son esprit une si vive impression, que renonçant à toutes les espérances de gloire humaine, il sollicita la faveur de s'enrôler sous le drapeau de saint Ignace. Après de solides études et une brillante régence dans les chaires d'humanités et de rhétorique du Collège Romain, il s'embarqua pour l'extrême Orient, attiré par le désir de répandre son sang dans les missions du Japon. Mais cette terre était inexorablement fermée aux apôtres de Jésus-Christ. Louis Buglio tourna donc ses regards vers la Chine ; et pendant quarante-cinq ans, il ne cessa de l'arroser de ses sueurs, au milieu de mille fatigues et périls de mort.

Le premier de tous, il eut la gloire de porter l'Evangile dans le Su-Tchuen ; il parcourut ensuite les provinces du Fo-Kien et du Chiang-Si, et convertit à la vraie foi une multitude d'idolâtres, parmi lesquels on distinguait plusieurs mandarins. Ses rares connaissances en mathématiques le firent alors appeler à la cour, et il partagea, avec les Pères Adam Schall, Verbiest et Magalhaens, la confiance et l'estime de l'empereur. A la mort de ce prince, une violente persécution s'étant élevée contre la religion chrétienne, tous les missionnaires furent chassés de l'empire et exilés à Canton ; le P. Buglio et ses trois compagnons furent chargés de

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