VI OCTOBKE. — P. DOMINIQUE RAFFAELLI
avec l'habit Je la Compag-nie. Une grande multitude de peuple accourut le voir et lui baiser les mains ; car tous le regardaient comme un saint. 11 était âgé de soixante-huit ans.
Meiwlogio (nis.) Roinanu. — Ciiktineau-Joly, Histoire de la Compagnie de Jésus, t. G, ch. 1, p. 4G.
* Le sixième jour d'octobre de l'an 1636, mourut à Rome le P. Dominique Raffaelli, de la Province romaine, prématurément emporté après sa troisième probation. Sa fin parut si belle que nos annales ont voulu en conserver le souvenir. 11 était né à Lacques et avait fait son noviciat à Messine. D'après une tradition constante, il avait eu dès lors l'assurance qu'il mourrait dans la Compagnie et que sa mort serait sainte. Sa troisième année de probation achevée, le P. Raffaelli fut nommé professeur de rhétorique à Florence. Comme il passait à Rome pour se rendre à son poste, il fut brusquement arrêté par une fièvre pernicieuse. Quand il eut reçu l'extrême-onction, il embrassa tous les Pères et Frères; et comme ravi en esprit, il leur adressa en latin un discours qu'il commença par ces mots : « Lietus et heatus morior, quia morior in Societatc Jesii ; .Je meurs dans la joie et l'allégresse, parce que je meurs dans la Compagnie de .Jésus ». Il leur lit ensuite connaître la cause principale de son bonheur : « Tout ce que les supérieurs ont décidé de moi, je l'ai pris en bonne part ; je n'ai eu égard ni à la chair ni au sang ; et c'est pourquoi la divine Bonté me fait cette grâce de mourir le sourire sur les lèvres ».
On accourait à l'envi pour voir le bienheureux moribond. Le vénérable P. Cornélius a Lapide, qui devait bientôt le suivre dans
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la tombe avec la réputation d'un saint, vint aussi s'édifier auprès de sa couche. Vainement, lui dit-il, il avait essayé de faire violence au ciel pour le conserver à la vie : « Dieu n'a pas voulu m'exaucer, parce que votre âme lui était agréable ». Et il ajouta : « Ne craignez point le purgatoire ; vous n'y descendrez point, ou vous y resterez peu de temps. Je ne cesserai point de prier et d'offrir le saint sacrifice pour vous, que je ne vous aie conduit jusqu'au seuil du paradis ».
Après dix-sept jours de maladie, le P. Raffaelli, l'âme toujours inondée des mêmes délices, s'endormit dans le Seigneur. « Réjouissez-vous, écrivit aussitôt le Père Recteur du collège au jeune frère du défunt, Jean Raffaelli, Scolastique de la Compagnie dans une autre maison; réjouissez-vous; vous avez un frère au ciel».
N\DAsi, Pretiosie Occupationes morient. in Soc. Jesu, c. 16, n. 28. — Patrignani, MenoL, 6 otiob., p. 43.
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