‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 175 sur 362 · IX OCTOBRE · texte numérisé non relu

IX OCTOBRE

Vers le neuvième jour d'octobre de l'an 1G20, mourut à Milan sa patrie, l'angélique F. Annibai, Caccia, novice de dix-neuf ans, vainqueur des plus terribles assauts de la part de son père, avant et après son entrée dans la Compagnie. Dès qu'il eut seulement laissé entrevoir ses premiers désirs de vie religieuse, tout fut mis en œuvre pour l'ébranler. Les prières et les larmes étant inutiles, le père en vint aux coups et à la plus rigoureuse captivité ; mais Annibai trompa la vigilance de ses gardiens et s'enfuit à Gênes, où le Maître des novices ne crut pas pouvoir refuser de l'admettre, tellement sa vocation lui parut marquée du sceau divin. Après de nouvelles tentatives et des lettres pleines de menaces, sa famille eut recours à l'entremise du cardinal Farnèse, qui se chargea de le faire venir de Gènes à Rome, et de l'examiner sérieusement; mais bientôt ce prince de l'Église répondit qu'il ne pouvait aller plus loin, sans compromettre son Ame et tenter trop visiblement l'Esprit-Saint. Cependant il fallut qu'Annibal partît pour Milan, où l'attendait un nouveau combat.

Bien qu'il fût arrivé dans un tel état de souffrances que nuls remèdes ne purent lui sauver la vie, il fut transporté et enfermé, loin de tous ses frères, dans un monastère étranger, où non scu-

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lement les membres de sa famille, mais des religieux et des prêtres employèrent tous les motifs naturels, et même en appai'ence surnaturels, pour le faire renoncer à sa vocation. Le courageux enfant finit par leur déclarer que, si l'on ne mettait un terme à de si indignes attaques, il allait faire en leur présence le vœu de vivre et de mourir dans la Compagnie. Le malheureux père alors se retira pour toujours ; il était dans une telle fureur, qu'il voulut auparavant, par acte authentique, le renier pour son fds. Annibal Gaccia resta donc vainqueur ; mais le peu qui lui restait de forces, s'était épuisé dans ces luttes ; consumé par une fièvre dévorante, il languit deux mois entiers, dans une ineffable joie qui lui semblait déjà la récompense anticipée de sa fidélité à la grâce, et rendit doucement son âme à Notre-Seigneur, en s'entretenant avec lui jusqu'au dernier mouvement de ses lèvres et à son dernier souffle de vie.

Patrign\ni, MenoLt 10 ottob,, p. 75. — Nadasi, Pretiosœ occupaliones morient. in Soc. Jesu, c. 23, n. 6, p. 199.

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