‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 176 sur 362 · X OCTOBRE · texte numérisé non relu

X OCTOBRE

Le dixième jour d'octobre de l'an 16S0, mourut à Vezzini en Sicile, après douze années seulement de vie religieuse, le P. François Privitelli, insigne bienfaiteur de cette ville, qui dut à ses soins la fondation d'un collège de la Compagnie. Il y exerçait depuis plusieurs années le saint ministère, et terminait presque tous ses sermons par ces paroles : « Si vous désirez, mes très chers frères, voir fleurir au milieu de vous la science et la piété, rien ne saurait être plus salutaire ni plus efficace pour réaliser un pareil désir, que de doter un collège de la Compagnie de Jésus ». Lorsqu'il eut obtenu ce qu'il souhaitait avec tant d'ardeur, il se donna lui-même à la Compagnie, et devint dans la suite un des principaux soutiens du nouveau collège. Tout en se livrant avec zèle aux travaux de l'apostolat, son plus doux repos chaque jour, en descendant de chaire ou en sortant du confessionnal, était de balayer l'église, de travailler au jardin ou à la cuisine ; il avait même obtenu d'aller une fois par semaine à travers la ville, en menant par la bride une bête de somme chargée du linge sale du collège, qu'il lavait de ses mains à une fontaine voisine, sous les j-^eux de ses concitoyens et de ses parents stupéfaits. Le P. Privitelli mourut à l'âge de quarante-trois ans.

AGun.ER\, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 552.

388 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iTALIE.

Le dixième jour d'octobre de l'an 1742, mourut à Naples le P. Jean-Baptiste Gacciottoli, né près de Cosenza en Calabre, et appelé par le Souverain Pontife Benoît XIII un vrai fils de saint Ignace. Cependant Jean-Baptiste Gacciottoli avait longtemps mené dans la Compagnie une vie tiède et imparfaite, qui n'annonçait rien de grand pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Des épreuves ménagées à son amour-propre, les exemples et les conseils de saint François de Geronimo, la troisième année de probation l'arrachèrent quelque temps à son apathie ; mais il ne tarda pas à y retomber et il devint à peine un religieux vulgaire. La grâce ne laissait pas de le poursuivre, elle ne lui donnait aucun repos ; une maladie dangereuse qui le conduisit aux portes de la mort acheva l'œuvre de sa conversion.

Jean-François Régis, l'apôtre du Velay, venait d'être élevé sur les autels. Jean-Baptiste Gacciottoli eut recours à son intercession.; le Bienheureux lui apparut en songe, lui fit promettre d'embrasser à son exemple la vie de missionnaire, et le rendit subitement à la santé. Dès ce moment, le P. Gacciottoli apparut un autre homme. Pour réparer tant d'années perdues, il se jeta dans toutes les pratiques de la pénitence avec une ardeur peut-être excessive, dit l'auteur de son éloge. En même temps, fidèle à sa promesse, il demanda les missions de campagne. Les supérieurs, par une sorte de méfiance que son ancienne tiédeur rendait trop légitime, hésitèrent d'abord à exaucer ses désirs : le nouveau converti se recommanda au glorieux archange saint Michel, son protecteur spécial, et enfin il eut pleine liberté d'entrer dans la carrière. 11 la parcourut de longues années avec un zèle infatigable et des

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