XI OCTOBRE. — P. FRANÇOIS DE NICOLAS
tience. « Il est mort comme un saint, écrivait quelques jours après le P. Alphonse Salmeron ; ses funérailles ont été honorées par les larmes de la moitié de la ville de Naples, tant est grande la multitude de ceux qu'il a aidés pendant sa vie dans leurs besoins spirituels. Ce collège pleure sa mort, si toutefois on doit appeler de ce nom un repos acheté au prix de tant de travaux et de fatigues pour l'amour de Jésus-Christ ». Le P. Pedelongo n'avait encoz'e que trente-huit ans ; il en avait passé quatorze dans la Compagnie.
ScHiNosi, Istov. délia Piwinc. di Napoli, t. \, p. 130, 169, 227, 232. — Patrignani, Menol., 11 ottob., p. 78. — Nadasi, Ann. dier. memor., Il» octob., p. 218. — Drevvs, Fasti Soc. Jesu^ ii^ oct., p. 398. — Menol. roman., 11 otlob., p. 128. — Guidée, Menol., 11 octob., p. 321.
Le onzième jour d'octobre de l'an 1650, mourut à l'âge de trente-trois ans au collège de Ghieti le P. François de Nicolas, professeur de philosophie, victime de sa charité au service des pestiférés. Pendant ses études, et au milieu des occasions de relâchement qu'un Scolastique rencontre dans les collèges, il ne perdit rien de sa première ferveur et de son énergie à se vaincre. Vers la lin de sa théologie, il tomba dangereusement malade, et bientôt on désespéra de sa guérison ; or telle était la vénération qu'il s'était acquise par ses vertus, que beaucoup de nos Pères et Frères de Naples supplièrent le Père Recteur de faire venir quelque peintre habile, afin de leur conserver les traits d'un si parfait modèle. L'obéissance mettait seule un frein à la rigueur de ses mortifications. Gomme il lui était rarement permis de jeu-
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ner, il s'en dédommageait en choisissant de préférence les mets qui lui causaient naturellement plus d'aversion.
Quand la peste éclata parmi les habitants de Chieti, le P. François de Nicolas fut le premier qui se dévoua pour le salut de ce pauvre peuple ; pas un genre de service ne lui parut si dur ou si vil, qu'il ne l'embrassât avec empressement. Il allait jusqu'à porter les paillasses des malades et les malades eux-mêmes à l'hôpital, dans les moments où le soin des âmes ne l'absorbait pas tout entier. Cinq de ses élèves de philosophie furent si touchés de son exemple, qu'ils se consacrèrent au service des pestiférés ; ils les soignaient de leurs propres mains, les exhortaient à la douleur de leurs péchés et les préparaient à mourir; trois d'entre eux perdirent la vie dans cet exercice de la charité. Le fléau s'était étendu aux campagnes environnantes. Souvent pour des malades près d'expirer à deux ou trois milles de distance, le P. de Nicolas allait à pied deux fois en un jour leur porter les secours de son ministère, et revenait de môme, bien que se soutenant à peine ; aussi ne putil résister trois semaines entières à un travail trop accablant. Son supérieur cherchait une fois à le retenir, en lui disant que c'était vraiment se tuer: « Mon Père, répondit le courageux apôtre, est-ce donc une si grande chose de faire quelques pas pour des âmes que Jésus-Christ a jugées dignes d'être rachetées au prix cle tout son sang » ?
Alegambe, Mortes illustres, anno 1656, p. 542. — Patrigna.ni, Menoh^ 11 ottob., p. 79.