‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 180 sur 362 · XI OCTOBRE. — P. SIMON MASCETTA · texte numérisé non relu

XI OCTOBRE. — P. SIMON MASCETTA

* Le onzième jour d'octobre de l'an 1658, mourut dans une réduction indienne, sur les bords du Parana, le P. Simon Mascetïa, Napolitain, épuisé par un demi siècle de travaux. Dès sa plus tendre enfance, la grâce s'était emparée de son âme avec un tel empire, qu'à l'âge de sept ans, il fut admis à faire sa première communion, et que dès lors aussi il embrassa la pieuse pratique de s'approcher toutes les semaines de la sainte Table. En même temps, entraîné par cet instinct surnaturel que l'on trouve chez les âmes les plus innocentes, il faisait de son corps une victime immolée à la gloire de Dieu ; et l'on assure que ses mortifications peuvent se comparer à celles qu'on admire dans l'enfance des plus grands saints. La palme du martyre exerçait sur lui une sorte de séduction ; s'il n'avait été retenu par son confesseur, il se serait enfui de la maison paternelle, pour aller chercher la mort au milieu des musulmans d'Afrique.

Cependant Simon Mascetta n'entra dans la Compagnie qu'à l'âge de vingt-neuf ans ; il y apporta ces généreuses pensées ; et avant la fin de son noviciat, sur l'ordre du Père Général, Claude Aquaviva, il s'embarqua pour les missions du Paraguay. 11 s'en fallait bien que toutes les tribus de ces régions fussent alors soumises à l'Évangile. Le P. Mascetta pénétra chez les Guaranis, et avec l'aide du P. Cataldino, y fonda plusieurs réductions. Après les avoir établies, il dut les défendre contre la violence des Mamelus, brigands redoutables, moitié européens et moitié indiens ou maures, qui de leur repaire de Saint-Paul sur la côte du Brésil, faisaient des courses armées dans l'intérieur du pays, répandaient partout l'incendie et emmenaient captifs tous ceux qu'ils pouvaient a. I. — T. II. — 50.

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surprendre. Plus d'une fois, le P. Mascetta leur arracha par la force leur proie des mains ; d'autres fois, trop faible pour tenter un coup d'audace, il courait après eux quand ils revenaient de leurs sinistres expéditions, et comme un bon pasteur, il recueillait les enfants, les femmes, les vieillards exténués de fatigues que ces misérables abandonnaient sur le chemin. 11 porta ses plaintes jusqu'au gouverneur général du Brésil, et sollicita l'intervention des troupes portugaises ; mais des raisons politiques, et plus encore l'odieuse connivence de quelques marchands avec les Mamelus, rendirent vaines toutes ses démarches.

Cependant les réductions étaient ravagées l'une après l'autre ; plusieurs même avaient entièrement disparu. Pour conjurer* une ruine entière, le P. Mascetta et les autres missionnaires persuadèrent à leurs chrétiens d'abandonner leur pays, et de se fixer avec eux dans une région moins exposée aux incursions de leurs terribles ennemis. C'est là, sur les bords du Parana, au milieu de ses néophytes réduits de cent mille à douze mille environ, que l'homme de Dieu acheva d'épuiser ses forces. Une paralysie complète mit le couronnement à tant d'épreuves ; pendant cinq années, il demeura immobile sur sa couche, ne cessant de louer et de bénir Dieu. Sa mort fut glorifiée par l'éclat des miracles : un parfum céleste s'échappait de sa pauvre dépouille, si longtemps ravagée par la maladie et couverte de plaies ; de nombreuses guérisons et d'autres grâces merveilleuses furent obtenues à sou intercession. Le P. Mascetta était Agé de quatre-vingt-un ans ; il en avait passé cinquante-deux dans la Compagnie.

Elog. defunctor. Proiànc. Parag. (Arch. Rom.). — BoEno, Notice ms.

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