XIII OCTOBRE. — P. ALEXANDRE NEVOLA
et l'expérience des voies de Dieu, jointes à une éminente réputation de sainteté. A l'époque où il étudiait la philosophie au collège de Messine, il s'entretenait un jour, avec trois de ses condisciples, du bonheur de voir Dieu face à face dans le ciel, et des plus sûrs moyens d'y parvenir ; le Vén. P. Bernard Colnago vint à passer près d'eux, et les regardant avec bonté : « Mes enfants, leur dit-il, voici dans quel ordre Notre-Seigneur vous appellera de cette terre au bienheureux séjour de sa gloire » ! Et il témoigna une tendre compassion au F. Alexandre de ce qu'il partirait le dernier de tous, lui annonçant ainsi en même temps et sa prédestination éternelle et sa longue vie.
Le P. Nevola occupa successivement toutes les chaires au collège de Palerme. Son enseignement jetait un si vif éclat, que les écoliers accouraient en foule de toutes les parties de la Sicile pour l'entendre. Puis, vers l'âge de quarante-six ans, appelé à gouverner tour à tour le collège de Galtagirone, le collège et la maison professe de Palerme, les Provinces de Sicile, de Venise et de Naples, en qualité de Vice-Provincial, de Provincial et de Visiteur, il sut allier ensemble tant de prudence, de douceur et de fermeté, que l'on pouvait résumer en ces deux mots toute son administration : « Partout où passe le P. Nevola, la vie et la discipline religieuse n'ont jamais manqué de refleurir ; mais pas un de ses inférieurs n'a pu trouver à se plaindre de lui». Il attachait une souveraine importance à ne paraître agir ou parler sous l'influence d'aucun rapport qui pût lui fermer le cœur de ses inférieurs ; aussi quand il faisait la visite des maisons de la Province il se rendait droit à la chapelle, dès son arrivée, pour faire l'exhortation à la communauté, sans entrer seulement dans sa chambre, ni écouter une A. I. — T. II. — 51.
402 MKNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
parole qui semblât lui avoir dicté quelqu'une de ses instantes recommandations. 11 pressait paternellement, mais sans mollesse, l'exécution de tout ce que prescrit saint Ignace, et ne voulait rien de fait à demi dans le sex'vice de Dieu ; cette sévérité, qu'il portait au tribunal de la pénitence et dans la direction des âmes, n'empêchait pas les plus grands seigneurs et- les plus nobles dames de Palerme de se mettre sous sa conduite, et d'observer à la lettre, quelque durs qu'ils fussent à leur amour-propre, les moindres conseils qu'il leur donnait pour leur sanctification.
Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, /». 631.