XIII OCTOBRE
Le treizième jour d'octobre de l'an 1574, mourut à Rome, en odeur de sainteté, le P. Sébastien Romeo, né en Toscane, et dès le temps de saint Ignace, Recteur du Collège Romain. Avant même qu'il fût élevé au sacerdoce, noire Bienheureux Père l'avait jugé digne des plus délicates missions, comme de faire refleurir l'amour et la pratique des sacrements dans le territoire de Ceprano, et de sauvegarder la réputation de la Compagnie gravement compromise par des calomnies venues de la Corse. La confiance que lui témoigna le saint Fondateur, surtout dans cette dernière circonstance, est à elle seule le plus bel éloge des vertus et de la prudence du F. Romeo. Aucune infamie n'avait été épargnée pour déshonorer et chasser de la Corse le P. Sylvestre Landini et ses compagnons. Les accusateurs avaient si habilement ourdi leurs trames, que plusieurs cardinaux, et parmi eux le grand protecteur de la Compagnie, Marcel Cervin, pressèrent Ignace d'apporter un prompt remède au mal. Celui-ci fit alors partir secrètement le F. Romeo, vêtu en laïque, le chargea de recueillir, sans se faire connaître de personne, des témoignages authentiques sur tout ce qu'il aurait vu de ses propres yeux. Le Scolastique obéit et rapporta au Souverain Pontife des actes si pleins d'éloges pour les missionnaires, que la
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calomnie fut confondue et se changea en un triomphe qui couvrit les serviteurs de Dieu d'une sainte confusion.
Trois ans après, Ignace nomma Sébastien Romeo Recteur du Collège Romain. Mais pour donner en sa personne un bel exemple d'obéissance et d'abnégation aux jeunes religieux de ces premiers temps, il le faisait quelquefois appeler subitement et lui commandait d'aller travailler à la cuisine, ou chercher de l'eau tout le jour à la fontaine publique, pour les besoins de la communauté; le saint Recteur se soumettait sans un mot de plainte à ces étranges et soudaines épreuves, uniquement jaloux d'accomplir la sainte volonté de Dieu. Le P. Sébastien Romeo répétait souvent à ses inférieurs que le temps de la maladie devait être pour un Jésuite le seul temps de repos, avant celui de la tombe et du paradis. Encore n'était-il pas sans travailler, môme au milieu des plus vives douleurs. Après sa mort, il apparut au P. Jules Mancinelli, son disciple, sous un dais et sur une couche magnifique, symbole de la récompense éternelle que ses fatigues lui avaient méritée.
Okla.ndinus, Histor. Soc. Jesu, lib. 12, n. 12, p. 384; lib. 13, n. 16, p. 423 ; lib. 16, n. 120, p. 573. — Sacchinus, Histor, Soc. Jesu, part. 5' , /. 2, n. 8, p. 39. — Bartoli, l'Italia, e'dit. de Florence, 1830 ; lib. 3, c. 5 et 6, p. 67 et suii'. — Patuignani, Menai., 13 ottob., p. 99. — Nadasj, Annus dier. meniorab., 13* octob., p. 220. — Drews, Fasti Soc. Jesu, 13* octob., p. 401.
Le treizième jour d'octobre de l'an 1656, mourut à l'âge de quatre-vingt-onze ans, dans la maison professe de Palerme, le P. Alexandre Nevola, en qui brillèrent au plus haut degré la connaissance des lettres sacrées et profanes, la science du gouvernement