XV OCTOBRE
Le quinzième jour d'octobre de l'an 162b, mourut en odeur de sainteté dans la petite ville de Garini, dont il avait transmis le fief héréditaire à son fils aîné pour embrasser lui-même la vie religieuse, le P. César Grua, devenu novice de la Compagnie à l'âge de cinquante-six ans. Dans sa jeunesse, il s'était fait montrer au doigt comme le jeune homme le plus dissolu de Palerme ; un reste de dévotion à la très sainte Vierge l'avait sauvé. Une fois entré dans la congrégation des nobles, il devint un modèle de vie chrétienne, invulnérable aux attraits du monde et au respect humain. Mais c'était pour lui trop peu de chose que de réparer ses scandales en faisant régner Dieu sur sa famille, sa maison et ses sujets. Il aspirait à se dépouiller de tout ce qu'il possédait de biens et d'honneurs sur la terre. Les liens du mariage le retenaient seuls depuis longtemps, lorsque le consentement de sa femme, Angèle de Bosco, et l'autorisation du Souverain Pontife Paul V, lui permirent enfin de se retirer au noviciat de Palerme. Cinq ans après, le P. Mutins Vitelleschi l'admit à la profession solennelle des trois vœux, en considération de ses éminentes vertus. La seule Vue de ce noble seigneur devenu pauvre et humble pour Jésus-Christ, désabusa du monde et de son éclat bien des tlmes vaines j elle eut