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qu'à la fin. Il accueillit avec calme et avec joie cette intervention de la Providence en faveur de son humilité ; et quand le mal reparut avec des symptômes encore plus alarmants, il n'en témoigna ni crainte ni surprise. Sa maladie fut long-ue et douloureuse ; il en supporta les souffrances et les ennuis avec une patience inaltérable. 11 ne demandait et ne désirait aucun allégement. Un Père le vo3'ant un jour horriblement secoué par un accès de toux : « Oh ! que je voudrais vous soulager » ! lui dit-il. — « Et pourquoi ? répondit le malade avec un aimable sourire ; tout mon soulagement est en Dieu ». Il fit aux âmes du purgatoire l'abandon de tous ses mérites satisfactoires et de tous les suffrages qu'on pourrait offrir pour lui après sa mort , afin que Dieu fût loué et glorifié par des Ames meilleures que la sienne ; et enfin, après un véritable chant d'amour suivi d'une agonie très douce, le F. Pierre Alamanni s'endormit saintement dans le Seigneur. Il était âgé de vingt-neuf ans, et en avait passé dix dans la Compagnie.
Mansi, Relazione délia virtuosa vita . . . del Fratello e Maestro Pietro Alamanni. .. Firenze, 1708. — Patrignani, MenoL, 30 ottob., p. 226.
* Le trentième jour d'octobre de l'an 1748, mourut à Palerme dans la maison professe le P. Joseph Amari, « religieux, dit son éloge, d'une merveilleuse ingénuité, jointe à une insigne libéralité et compassion pour les pauvres ». Aucun d'eux ne s'adressait à lui sans en obtenir quelque secours. Il n'était dur que pour lui-mè-
me ; jusque dans ses dernières années, il se crucifiait encore de toute manière. Atteint d'une maladie de consomption qui le minait sourdement, il tressaillait d'allégresse à la pensée de sa prochaine délivrance. Il lui semblait, disait-il, aller non à la mort, mais a la plus délicieuse des campagnes, réjouie par un printemps éternel. Il éprouvait, aimait-il à répéter encore, combien il est doux de mourir, quand on n'a vécu que pour .lésus-Ghrist.
Quand il eut rendu le dernier soupir, on apprit avec admiratien à quel degré héroïque le P. Amari avait porté l'abnégation. Un malheureux couvert d'une sorte de lèpre, avait reru de lui quelque argent pour acheter un remède. Mais le remède avait été inefïicace ; les médecins, à tort ou à raison, avaient affirmé que le mal ne disparaîtrait que si on en aspirait avec la bouche les humeurs viciées et purulentes. Le P. y^mari consola de son mieux le malade et le pria de revenir le lendemain. iVlors, se jetant à ses pieds, il se proclama la plus indigne et la plus misérable des créatures, et à force d'instances et de supplications, il obtint d'appliquer ses lèvres sur les membres de ce malheureux. « Il le fit, dit l'auteur de son éloge, avec plus d'avidité que n'en aurait l'homme le plus sensuel à se jeter sur le morceau le plus friand ». 11 continua plusieurs jours de la sorte, jusqu'à ce que, soit Vertu du remède, soit récompense de sa charité, la lèpre eiit entièrement disparu. En manière de paiement, il pria son malade de le couvrir de soulllets et de crachats. Puis, moyennant l'appât d'une récompense, il parvint à persuader à cet homme simple et grossier, de lui rendre, même après sa guérison, les mêmes bons offices ; il en exigea seulement le secret le plus absolu. Celui-ci tint parole ; mais quand le serviteur de Dieu eut expiré, il rompit le silence, et sous la foi
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<lu serment, il tlévoila tout au P. Ignace Castiglia, préposé de la maison professe. Le P. .\mari était âgé de soixante-cinq ans, et en avait passé quarante-neuf dans la Compagnie.
Lettcre anniie (Arc/i. Rom.j.