‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 207 sur 362 · XXX OCTOBRE. 1'. PIERRE ALAMANNI · texte numérisé non relu

XXX OCTOBRE. 1'. PIERRE ALAMANNI

* Le Irenliènie jour d'octobre de l'an 1700, mourut à Florence, sa patrie, le Frère Scolastiquo Pierre Alamaivni, d'une illustre famille de cette ville, modèle achevé de toutes les vertus de son degré. Sa vocation, comme celle de saint Stanislas et de saint Louis de Gonzague, lui avait coûté bien des prières et des larmes. Il était l'aîné de sa famille et remplissait l'office de page auprès du grand duc de Toscane, qui l'avait pris en singulière affection et lui avait conféré le titre de chevalier de Saint-Etienne. Un sermon du P. Valle, entendu à Pise, fut le principe de ce que Pierre Alamanni appelait sa conversion, et de sa vocation à la vie religieuse. Mais quand le jeune homme s'ouvrit de ses pensées au P. Ange Alamanni, son oncle. Recteur du collège de Florence, il n'en obtint qu'une réponse assez dure, propre à décourager une volonté moins ferme. Il ne fut pas plus heureux auprès du P. Provincial : on lui représenta que toutes les espérances de sa famille reposaient sur lui ; il n'avait fait d'ailleurs que des études incomplètes, et ne pourrait convenablement remplir les ministères de la Compagnie. Pierre Alamanni ne se rebuta point. Il commença par obtenir le consentement de ses parents, et fort de cette première victoire, il revint à la charge auprès des supérieurs ; il s'offrait à passer toute sa vie dans les offices domestiques ; car il ne voulait qu'une chose, disait-il, obéir à la voix de Dieu, fhnu d'une telle constance, le P. Provincial ne crut pas pouvoir résister plus longtemps. Aussitôt Pierre Alamanni se désista de ses droits d'aînesse et courut s'enfermer au noviciat de Saint-André. Il avait dix-neuf ans.

Excitée par celte longue attente, sa ferveur avait peine à se

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contenir ; son Maître des novices, le P. Nicolas Piscicelli, annonça dès lors qu'il serait un « saint et parfait religieux ». Dieu le traita aussi comme il a coutume de traiter ceux qu'il appelle à une union plus intime avec lui. Après avoir inondé son âme des plus douces consolations, il le soumit aux plus pénibles épreuves de l'ennui, de la sécheresse et d'une sorte de désespoir. Le vaillant novice soutint la lutte avec courage ; peut-être même n'y garda-t-il pas assez de mesure ; car sa santé parut atteinte, et avant la fin de son noviciat, on dut l'envo^^r au collège d'Arezzo. Ses forces recouvrées, il vint à Rome suivre les cours de philosophie. Un de ceux qui vécurent alors avec lui, a rendu ce beau témoignage, qu'il rappelait saint Jean Berchmans ; par son exactitude, par le soin avec lequel il accomplissait les plus petites choses, il était, comme son modèle, maximus in minimis. « En lui, disait le Père spirituel du Collège Romain, c'est toujours la grâce qui gouverne, et jamais la nature ». En effet, le F. Alamanni avait mis l'abnégation et le renoncement à la base de l'édifice de sa perfection. « Sa première préoccupation, suivant la remarque d'un autre témoin, c'était de chercher ce qui coûte, d'aller directement à l'encontre de sa propre volonté et de toutes les satisfactions ». Le fervent Scolastique semblait prévoir que sa carrière serait courte , et il voulait racheter la brièveté des années par la rapidité de sa course et la perfection de ses œuvres.

A la fin de sa philosophie, il fut désigné pour soutenir le grand acte ; il essaya vainement de se soustraire à cet honneur, le Père Général, tout en louant sa modestie, lui ordonna de s'y préparer. Il obéit avec simplicité ; mais un crachement de sang, d'une nature inquiétante, ne lui permit pas de poursuivre son travail jus-

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