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Le premier jour de novembre de l'an 1029, le P. François Guer- RiERi mourut à Gasalnuovo, clans un couvent de Franciscains, où il avait été arrêté par la maladie, pendant une de ses missions. Il était né à Lecce ; et dès sa plus tendre enfance, il avait été formé à la piété par l'apôtre de cette ville, le Vén. P. Bernardin Realino. Le P. François Guerrieri fut tout à la fois un grand littérateur, un grand missionnaire et un grand saint. Il enseigna douze ans de suite la rhétorique aux juvénistes de la Province de Naples. Le Tasse, qui l'avait entendu plusieurs fois, était dans l'admiration de son talent ; à ses yeux, Rome et Naples n'avaient point de plus excellent maître ; il l'avait surnommé VIdéal de Féloquence et (le la sagesse^ et lui soumettait docilement ses compositions
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latines. Mais le P. Guerrieri faisait peu de cas de la gloire humaine ; il aimait mieux travailler à l'évangélisation des pauvres habitants des campagnes ; ce fut dans ce laborieux ministère qu'il succomba. Au moment de recevoir le saint viatique, il se leva malgré ses douleurs, et ne voulut attendre son Sauveur qu'à genoux sjLir le seuil de sa cellule. Un moment avant de rendre le dernier soupir, il semblait demander familièrement à quelque personnage invisible ce qu'il avait à faire pour mieux se présenter devant Notre-Seigneur ; un des religieux présents le pria de dire à qui s'adressait cette demande : « A saint Antoine de Padoue, réponditil ; car le voilà f[ui vient chercher mon àme » ! et en achevant ces mots, il expira. Le P. Guerrieri était âgé de soixanle-et-onze ans, et en avait passé quarante-huit dans la Compagnie.
CoRDAnA, Ilistor. Socict. Jesu, part. G* , lib. 14, n. 18, p. 279. — ScHi- Nosi, Islor. délia Provinc. di Napolî, t. 2, p. 189 et siiiv. — Santagata, Istor. dclla Prov. di Napoli, t. 4, /;. 50G. — Pathigna>i, Menai., 1 nov., p. 10. — SoTUELLis, Bihliotli., p. 230. — Sommeuvogel, Biblioth., t. 3, p. 1915.
Le premier jour de novembre de « l'an 1622, lisons-nous dans une ancienne traduction française du Ménologe Romain, mourut à Ximabara, au Japon, le P. Pierre Navarro, qui acheva d'épurer dans les flammes sa vertu, mise si souvent à de rudes épreuves. Il souffrit avec beaucoup de patience les bannissements, les fatigues des longs A'oyages, les pénitences et l'étude fâcheuse des langues étrangères, qu'il apprit en peu de temps si parfaitement, qu'il
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fut capable de prdcher sur-le-champ en ces langues et imprimer plusieurs livres. Il na([uit en Galabrc et fut régénéré au Japon par un baptême de feu, où il fut brûlé peu à peu pour confirmer en mourant les vérités qu'il avait prèchées durant sa vie. On le trouva après sa mort couvert d'un ciliée, comme s'il n'eût pas voulu entrer au combat sans être couvert des armes de Jésus-Christ, ni paraître en triomphe sans les livrées de son maître. Il eut pour compagnons de son supplice nos Frères Denys Fugixima et Pierhe Onizucca, japonais, qu'il avait eus pour compagnons de ses fatigues. Ils étaient tous deux d'une piété et d'une vertu singulière. On fit aussi mourir avec eux un séculier, nommé Clément, à qui il ne manquait que l'habit religieux, et qui ayant servi de guide au P. Navarro dans ses voyages, voulut le suivre au ciel en donnant son sang pour Jésus-Christ ».
Le P. Pierre-Paul Navarro et ses trois compagnons de martyre ont été béatifiés par le Souverain Pontife Pie IX en 18G7. Au moment de son glorieux trépas, le B. Navarro était Agé de soixantedeux ans et en avait passé quarante-quatre dans la Compagnie.
Me'nologe (ms.) de la Compagnie de Jc'sus, Paris, 1747, /;. 152. — Alegambe, Mortes illustres, p. 34G seqq. — Bautoli, Il Giapponc, l. 4, part. 2, II. 57, p. 55 et siiii'., cdit. Firenze, 1832. — P.vtiugn.vm, Menai., 1 nov.. p. 2. — Nadasi, Anniis dicr. menior., 1" nov., p. 255. — Dhews, Fasti Soc. Jcs., i» noi'., p. kll . — Santagata, Hislor. dclla Provinc. di Napoli, t. 4. p. 93, 2G0 et sniv.
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* Le premier jour de novembre de l'an 1627, mourut saintement au collège de Bari le P. Jean-Mathieu Sabbatino, qui dans une extrême vieillesse partageait encore les fatigues des plus vaillants ouvriers. Entré au noviciat de Noie à l'Age de trente-cinq ans et déjà prêtre, il y fut bientôt rejoint par son jeune frère, Horace Sabbatino, âgé de quinze ans ; et tous deux, suivant un usage qui existait alors, furent envoyés dans un des hôpitaux de Naples, dit des Incurables. Ils s'y livrèrent avec tant d'ardeur et un tel oubli d'eux-mêmes à tous les offices les plus abjects, qu'ils contractèrent l'un et l'autre un mal contagieux; ils furent donc rappelés à Noie.
Après son noviciat et une régence de cinq années, le P. Jean Sabbatino fut appliqué aux différents ministères apostoliques de la Compagnie, et pendant près de quarante ans, il les exerça avec un zèle sans cesse grandissant dans la ville et la province de Bari. Son supérieur, le P. Metello délia Marra, a fait en peu de mots le plus glorieux éloge de l'homme de Dieu : Le P. Sabbatino, dit-il, surpassait de beaucoup les plus fervents ; sa langue ne cessait de louer Dieu ; quand on entrait dans sa chambre, on le trouvait presque toujours à genoux ; avare de son temps, il se dérobait avec une inébranlable fermeté à toute visite qui n'avait pas pour but les intérêts spirituels de l'àme. Jusque dans la vieillesse la plus avancée, il se flagellait chaque jour, et gardait rigoureusement tous les jeûnes de l'Eglise. Quant à la pauvreté, continue le P. délia Marra, je n'ai jamais connu d'homme plus jaloux d'être traité comme un vrai pauvre ; l'obliger à se servir de choses moins vieilles et moins usées, c'était lui causer une véritable peine. Son zèle n'était pas moins admirable. Le portier
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du collèg-e avait reçu l'ordre do ne point l'éveiller quand on venait la nuit demander un Père pour cpielque malade ou moribond ; à force de supplications et de larmes, il fit lever cette défense, et continua jusqu'à la fin à remplir un ministère de charité qu'il avait grandement à cœur. Si l'on grave un jour le portrait du P. Jean Sabbatino, dit en terminant le P. délia Marra, je propose d'y mettre cette inscription : « P. Joannes Sabbatinus, lS. J. quatuor votoruin profcssus^ regularis disciplinée absolutissimuni exemplar ; P. Jean Sabbatino, S. J. profès des quatre vœux, modèle achevé de la discipline religieuse ». Le P. Sabbatino ne fut malade que cinq jours, pendant lesquels il ne cessa de louer et de remercier Dieu. Il s'éteignit doucement, la prière dans le cœur et sur les lèvres, à l'ùge de quatre-vingt-neuf ans, dont il avait passé cinquante-quatre dans la Compagnie.
Son frère l'avait précédé de quelques jours dans le tombeaul Malgré une santé toujours chancelante, le P. Horace Sabbatino n'avait pas laissé de rendre les plus grands services à la Province dans l'enseignement et le gouvernement des Nôtres. Maître des novices, il avait eu sous sa direction le Vén. Vincent Garalîa : et dès lors, éclairé peut-être par une lumière surnaturelle, il avait annoncé avec assurance que ce jeune homme serait un jour placé à la tête de la Compagnie. Le P. Horace Sabbatino mourut à Naples le 21 octobre, à l'âge de soixante-neuf ans.
Santag.vta, hior. délia Pravinc. di Nnpcdi, t. 4, p. Wi et suw.