II NOVEMBRE
Le deuxième jour de novembre de l'an 1610 mourut au collège de Lecce, dans le pays d'Otrante, le P. Jean Saliceto, né à Vérone, religieux d'un zèle et d'une éloquence apostoliques. Presque toutes les capitales de l'Italie l'entendirent tour à tour, et furent profondément ébranlées par ses exhortations à la pénitence. De concert avec deux autres grands serviteurs de Notre-Seigneur, le Vén. P. Bernard Colnago et le P. Vincent Madrese, il avait pris pour patronne de ses travaux la glorieuse sainte Marie-Madeleine, appelée par les anciens auteurs, l'apôtre même des apôtres ; et il avait obtenu d'elle, pour ses auditeurs comme pour lui, un don de componction et d'amour divin qui tenait du prodige. Après une seule de ses prédications sur les outrages que le péché fait à Dieu, on vit toutes les pécheresses publiques d'une ville se rendre à quelque maison de refuge, pour y expier et y pleurer leurs désordres jusqu'à la mort. A Rome, le nombre de celles qui voulurent imiter sainte Madeleine fut si considérable, que les aumônes apportées de toutes parts à l'homme de Dieu ne suflisant pas à leur entretien, Clément VIII lui fit donner à la fois jusqu'à douze mille écus romains pour achever une si sainte œuvre. L'ébranlement fut peut-être encore plus grand à Palerme, à la fin d'un /ib6