‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 227 sur 362 · XI NOVEMBRE. — P. FRANÇOIS GIUNTA · texte numérisé non relu

XI NOVEMBRE. — P. FRANÇOIS GIUNTA

du le dernier soupir, les professeurs du collège de Lisbonne, pour lui témoigner eneore une fois leur reconnaissance, demandèrent et obtinrent, malgré Fusage contraire, de porter processionnellement à l'église le corps du saint Frère, et de le déposer dans son tombeau.

Franco, Annus gloriosus^ 11 nov., p. 676. — Id., Synopsis Annal. Societ. Jesu in Lusitania, anno 1621, /;. 230.

Le onzième jour de novembre de l'an 1645, le P. François Giun- TA mourut saintement à Messine, après avoir rempli successivement les charges de Recteur, d'Instructeur des Pères de troisième probation, et de Maître des novices. 11 joignait une àme héroïque à la plus haute intelligence des voies de la sainteté, et se dépensait tout entier à la formation des âmes que Notre-Seigneur lui confia pendant près de trente ans, au dedans et au dehors de la Compagnie. Mais il ne les conduisait, assure-t-on, par aucune voie d'oraison ou de sacrifices, dont il n'eût fait lui-même l'épreuve, et dont il n'eût recueilli les fruits. Le P. Giunta mourut dans la cinquante-neuvième année de son âge et la trente-deuxième depuis son entrée dans la Compagnie.

Acun.ERA, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 435.

496 MÉNOLOGE S J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

* Le onzième jour Je novembre de l'an 1649, mourut glorieusement le P. Vincent Damiani, transpercé d'une lance par les infidèles des Philippines, en haine du nom de Jésus-Christ. Il était arrivé dans ces missions à l'âge de vingt-sept ans, et avait aussitôt réclamé l'honneur d'aller porter la bonne nouvelle parmi les peuplades les plus farouches ; son zèle opéra des prodiges de conversion. Le P. Michel Ponce ayant été mis à mort par les payens de Palapag, le P. Damiani fut envoyé prendre sa place. Le pays était rempli d'apostats plus ennemis du nom chrétien que les idolâtres eux-mêmes ; à force de prières, de patience et de charité, il vint à bout de les adoucir et d'en ramener un grand nombre à Jésus-Christ. Cet intrépide missionnaire puisait le courage dont il avait besoin dans une union intime et continuelle avec Dieu ; souvent il passait les nuits entières en oraison, et trouvait dans ce saint exercice la vigueur même de son corps et comme une sorte de rajeunissement après les plus grandes fatigues. Cette familiarité avec Notre-Seigneur, si nécessaire à un apôtre et si vivement recommandée par notre Bienheureux Père, était le fruit d'une vie très pure et d'une innocence conservée sans tache depuis son baptême.

La gloire du mart3're allait ajouter un plus brillant éclat à tant de dons précieux. Un nouveau champ d'apostolat venait de s'ouvrir au P. Damiani au milieu de tribus également barbares et rebelles à toute tentative de conversion. Le missionnaire supporta parmi elles, disent ses biographes, des fatigues dignes d'un héros ; mais ses efforts échouèrent contre l'obstination de quelques fanatiques qui jurèrent sa mort. Un jour ils envahirent la pauvre cabane où l'homme de Dieu faisait son oraison, et le percèrent de

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