XI NOVEMBRE
Le onzième jour de novembre de l'an 1621, mourut au collège de Lisbonne le F. François Campioni, Goadjuteur temporel, qui travaillait depuis quinze ans dans la Province de Portugal, et remplissait alors l'emploi de linger. Ses deux vertus de prédilection étaient l'obéissance et la charité. Jamais il ne s'était permis une seule excuse pour décliner, même indirectement, un travail dont on le chargeait ; au moindre signe de ses supérieurs, on l'avait vu plus d'une fois, tout tremblant de fièvre, servir de compagnon à ceux qui sortaient de la maison. C'était dans la méditation assidue des exemples de Notre-Seigneur, et plus encore à la table sainte, que le F. Campioni puisait cet oubli complet de lui-même, et cet abandon de son corps aussi bien que de son âme entre les mains paternelles de Dieu. Tout lui semblait doux à ce prix ; et même lorsqu'il recevait quelque réprimande ou quelque pénitence imprévue, son premier mouvement était d'en témoigner sa reconnaissance, en priant pour ceux qui le corrigeaient. Quant à sa charité fraternelle toujours 'prompte à se sacrifier pour les autres, elle lui avait tellement gagné les cœurs, que dans sa dernière maladie, tous réclamèrent à l'envi la permission de lui prodiguer leurs soins, en le veillant nuit et jour jusqu'à la mort. Lorsqu'il eut ren-