‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 229 sur 362 · XII NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XII NOVEMBRE

Le douzième jour de novembre de l'an d61b, mourut dans la maison professe de Rome le P. Fabius de Fabiis, dernier rejeton de l'antique et g'iorieuse famille des Fabii. Il s'était arrache au monde à l'âge de vingt-cinq ans ; et même après ses premiers vœux, le Souverain Pontife Grégoire XIII, ne pouvant sans douleur voir périr un nom si cher à la capitale du monde chrétien, lui proposa de briser ses liens, pour conserver à l'avenir le sang et la gloire de ses aïeux. Mais bien loin d'accepter cette offre : « Très- Saint Père, se hâta de répondre le jeune Fabius, quelle plus noble fin pourrais-je souhaiter à la race de mes ancêtres, que de s'éteindre au service de Dieu » ? La vie religieuse s'était cependant présentée à lui sans l'attrait d'aucune consolation ; épreuve d'autant plus dure que l'oraison lui avait été jusqu'alors une source de délices intarissables. La sainte joie elle-même de ses compagnons, parmi lesquels on comptait saint Stanislas et Claude Aquaviva, augmentait la désolante aridité de son âme ; il ne fut pleinement délivré de ses peines qu'au bout de douze années entières. Mais Dieu, par une voie si différente, l'élevait à une très haute vertu ; et tous le vénéraient déjà comme un saint. Jamais dans ses quarante-huit années de vie religieuse, on ne le vit manquer à une seule de nos

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