‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 230 sur 362 · XII NOVEMBRE. — P. FABIUS DE FABIIS · texte numérisé non relu

XII NOVEMBRE. — P. FABIUS DE FABIIS

règles. Le P. Claude Aquaviva l'appelait d'ordinaire l'Institut vivant de la Compagnie. Aussi n'eut-il point de plus ferme appui ni de conseiller plus fidèle, pendant son gcnéralat.

Recteur de collège, Maître des novices, supérieur de la maison professe. Visiteur, Provincial et Assistant, Fabius de Fabiis paraissait une image vivante de notre Bienheureux Père lui-même, tellement il savait allier le zèle pour les intérêts de Dieu avec un insatiable amour des abaissements. Témoin de son humilité jointe à un si grand mérite. Clément VllI disait n'avoir jamais connu d'hommes comparables en ce point à Fabius de Fabiis et à Robert Bellarmin. Préposé de la maison professe de Rome, lorsque la cinquième Congrégation générale se réunit en 1593, le P. de Fabiis saisit avec empressement cette occasion de se faire, selon ses désirs, le serviteur de tant de Pères et Frères qui ne le connaissaient pas. A l'arrivée des électeurs de chaque Province, il les accueillait h la porte comme aurait fait un simple Frère Coadjuteur, se chargeait aussitôt de leurs effets, les conduisait à leur chambre, et leur lavait les pieds, avec tant de respect et de modestie, qu'on ne pouvait le prendre que pour un novice.

La triste et cruelle mort de ce grand homme, neuf mois seulement après celle du P. Claude Aquaviva, couronna dignement une vie si sainte, et fit mieux éclater encore à quel degré de calme divin et d'acquiescement absolu à la volonté de Notre-Seigneur son âme était parvenue. Se rendant à pied en pèlerinage à la basilique de Saint-Paul sur la voie d'Ostie, il passa près d'un taureau sauvage, qui saisi d'une fureur subite à sa vue, se jeta sur lui, le renversa et le piétina avec rage ; puis se mit à bondir autour de lui, tête baissée avec d'horribles mugissements. Le P. de

bOO MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

Fabiis n'attendait que la mort, lorsque le prince de Venafro vint à passer en appareil de chasse, et fît abattre l'animal à coups d'arquebuse par ses serviteurs. Quand on eut relevé le pauvre blessé : « Dieu soit béni, dit-il, de n'avoir pas permis qu'un autre que moi fût atteint » ! Ses douleurs étaient excessives ; l'application du fer et du feu pendant les sept jours qu'il vécut encore lui fut un nouveau supplice non moins intolérable : il supporta tout sans se plaindre, et sans vouloir demander aucun adoucissement, disant que ce qui plaisait davantage à Notre-Seigneur était aussi ce qui lui plaisait le plus. Après sa mort, en témoignage de la gloire dont il jouissait au ciel. Dieu le fit voir au P. Jules Mancinelli sous l'image d'un firmament semé d'étoiles d'une beauté ravissante, symbole de ses héroïques vertus.

JuvENCius, Histor. Societ. Jesu, part. 5, lib. 25, § 20, p. 893. — Pa- TRiGNANi, MenoL, 12 no^>., p. 76. — Nadasi, Ann. dier. memor., 12» nov., p. 111. — Id. , Pretiosœ. occupât, morient. ., c. 23, «. 4, /?. 197. — Drews , Fasti Societ. 12» nov. , p. 443. — Schinosi , Istor . délia Provinc. di Napoli^ t. 1, p. 390. — Santagata, Istoria délia Prov. di Napoli^ t. 3, p. 558. — Rho, Variée virtut. Histor., p. 146, 683, 845,

Le douzième jour de novembre de l'an 16b5, mourut à Milan le F. Camille Trotti, âgé de vingt-et-un ans, dont il n'avait passé que trois dans la Compagnie. Son père, qu'il perdit de bonne heure, avait été président du Sénat de Milan ; par honneur pour la mémoire de ce magistrat, toute cette illustre assemblée voulut assis-

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