XII NOVEMBRE. — F. CAMILLE TROTTI
ter en corps à l'acte solennel de philosophie que le jeune Camille soutint avant d'entrer au noviciat. Interrogé le soir même par son confesseur sur les sentiments dont il avait été agité dans cette journée, il laissa sufTisamment entendre que le plus léger souffle de vaine gloire ne l'avait pas seulement effleuré ; dès le lendemain cependant, comme pour expier le triomphe qu'il avait subi malgré lui, il supplia ses condisciples, dans une congrégation secrète dont il était membre, de lui obtenir une sincère humilité de cœur, et leur baisa les pieds. Au reste, toutes les pratiques de piété lui étaient déjà familières. Depuis au moins trois années, il faisait tous les matins une demi-heure de méditation, et tous les soirs une demi-heure de lecture spirituelle, suivie de l'examen de conscience suivant la méthode de saint Ignace. A voir l'aisance avec laquelle il remportait sur lui-même les plus difficiles victoires, on eût dit que tout sacrifice qui devait plaire au Sauveur et à sa sainte Mère, était pour lui plein de charmes. Aussi quand après son noviciat et une seule année de régence, sa poitrine s'affaiblit et par une défaillance rapide lui annonça sa mort prochaine, Camille Trotti s'abandonna promptement et joyeusement à la sainte volonté de Dieu . Et à ceux qui lui demandaient la cause de son inaltérable sérénité : « C'est que, répondit-il, dès le principe je me suis résolu à mourir volontiers pour l'amour de Notre-Seigneur, et que j'ai le bonheur d'expirer dans la Compagnie de Jésus ».
Patrign.vni, MenoL, 12 noc, p. 79.
b02 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
* Le douzième jour de novembre de l'an 1600, s'éteignit à Naples dans une heureuse et sainte vieillesse le F. Louis Giappi, milanais, un des premiers Frères Coadjuteurs reçus dans la Compagnie par saint Ignace. Notre Bienheureux Père s'était appliqué d'une manière spéciale à le former lui-même à la vertu, et ravi de ses progrès, il l'avait pris pour son compagnon. C'est le F. Giappi qui recueillit ses dernières paroles, lui ferma les yeux et lui rendit les autres devoirs dont on entoure la dépouille des morts. Le P. Lainez, et après lui saint François de Borgia et le P. Éverard Mercurian, le gardèrent également auprès d'eux. Témoin pendant quarante ans, dans ces rapports intimes, des plus admirables exemples de sainteté, le F. Giappi s'éleva lui-même à une haute perfection ; on voyait surtout briller en lui l'amour de l'oraison, l'humilité et une ardeur infatigable au travail. A la mort du P. Mercurian, il supplia le P. Claude Aquaviva, son successeur, de l'envoyer dans quelque maison lointaine où il pourrait vivre inconnu de tous, uniquement occupé de Dieu, dans les plus bas offices. Il demeura dix-sept ans au noviciat de Naples, modèle de modestie, de silence, d'esprit de prière, de mortification et d'obéissance. Il s'endormit doucement dans le Seigneur, à l'âge de quatre-vingtun ans, le cœur plein de joie à la pensée de revoir au ciel son bienheureux Père Ignace.
Litter. ann. Societ. , anno 1660, p. 72. — Santagata, Istor. délia Provinc. di Napoli^ t. 3, p. 4.