XIV JUILLET
Le quatorzième jour de juillet Je l'an 16''t8, mourut en odeur de bénédiction à Palerme le F. Goadjuteur Joseph Silvestri, dont toute la vie religieuse durant environ quarante-quatre ans, se réduit à peu près à ces trois mots : amour de l'obéissance et du travail ; ardeur incessante à se crucifier ; silence et douce familiarité à s'entretenir de cœur ou de bouche avec les bienheureux habitants du ciel. Des g-ràces vraiment ineffables peuvent aider à deviner combien ces vertus cachées du bon Frère plaisaient à Dieu. Un jour qu'il priait avec ferveur au pied du saint Sacrement parmi les novices de Palerme, il vit Notre-Seigneur paraître au milieu d'eux, et faire amoureusement couler sur leurs lèvres quelques gouttes du sang de la plaie sacrée de son cœur. Un seul fut excepté de ce témoignage de tendresse ; il ne tenait plus à sa vocation que par un fil, et le brisa quelque temps après. Une autre fois, le F. Silvestri vit Jésus assis au réfectoire, et servi par une troupe d'anges qui lui présentaient tour à tour ce dont nos Pères et Frères s'étaient privés pour l'amour de lui. Enfin comme il dînait seul un autre jour, à la petite table, il aperçut tout près de lui, à droite et à gauche, Notre-Seigneur et sa sain-
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te Mère, qui le félicitèrent en souriant de se plaire à de pareils actes d'humilité.
Aguiler.v, Histor. Proiinc. SicuL, t. 2, p. 511.
* Le quatorzième jour de juillet de l'an 1656, mourut à Naples, victime de sa charité au service des pestiférés, le P. Bernardin Mazziotta, Préposé de la maison professe, religieux, dit le P. Alegambe, en qui brillaient également la science et la vertu. Il avait occupé avec éclat toutes les chaires de l'enseignement, depuis la grammaire jusqu'à la théologie, et dirigé avec beaucoup de zèle la magnifique congrégation des prêtres fondée par le P. Pavone. Il était Préposé de la maison professe, quand se déchaîna sur la ville de Naples cette terrible peste qui faisait quelquefois trois mille victimes en un seul jour. Le Père Provincial étant alors absent, c'est à lui que revint le soin de pourvoir à la sûreté des jeunes religieux, novices et scolastiques, et d'assigner aux Pères et aux Coadjuteurs qui restaient, leurs fonctions dans cette grande calamité. Il ne manqua ni à l'un ni à l'autre devoir. II envoya les jeunes gens dans les collèges de la Province éloignés du centre de la contagion ; quant aux Pères et Frères qu'il avait gardés à Naples, soixante furent distribués dans les différents quartiers de la ville, afin de prodiguer aux malades les secours spirituels et corporels ; vingt prêtres parmi les plus âgés de la maison professe, furent chargés d'entendre les confessions des fidèles qui affluaient dans notre église, et de leur donner la sainte communion: périlleux ministère qui en peu de semaines emporta dix-huit de ces
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héroïques vieillards. Malgré le poids des années et ses nombreuses occupations, le P. Mazziotta avait voulu prendre sa part des fatigues et des dangers communs. Il fut bientôt atteint par la contagion, et expira peu après, heureux de donner sa vie pour les âmes et pour Dieu. Il était âgé de soixante-neuf ans et en avait passé cinquante dans la Compagnie.
Alegambe, Heroes et Victimes charitatis, p. 513 et 520. — Sotuellus, Bibliotheca Scriptor. Societ. Jesu. . . , Romss 1676, p. 114. — Patrigna.- Ni, Me/ioL, 14 luglio, p. 100. — Sommervogel, Bibliothèque, t. 5, p. 841.