XX NOVEMBRE
* Le vingtième jour de novembre de l'an 17b5, le P. Pompée Sergiusti s'éteignit à Plaisance dans une heureuse et sainte vieillesse. 11 avait occupé pendant dix-neuf ans la chaire de théologie morale au collège de cette ville ; et dans ce long enseignement, constamment soutenu par une étude opiniâtre, il avait acquis une autorité et une science peu communes. On recourait de toutes parts à ses lumières ; les évêques de Plaisance qui, de son vivant, se succédèrent sur le siège de cette ville, le prirent tous pour leur théologien et leur conseiller ; les Inquisiteurs de la foi venaient eux-mêmes lui soumettre leurs difficultés et se rangeaient à ses décisions. Ces témoignages d'estime ne faisaient rien perdre au P. Sergiusti de sa simplicité et de son humilité. Au confessionnal, il prodiguait avec le même empressement aux pauvres et aux riches les trésors de sa science ; dans la vie commune, il était le plus fidèle à toutes les observances et le plus obéissant ; il se regardait sincèrement comme la plus vile chose du monde et le serviteur de tous ses frères. Nommé Recteur du collège, il prit pour maxime et pour règle cette parole de Notre-Seigneur à ses disciples : Non veni ministrari sed ministrare . On ne le reconnaissait pour supérieur qu'à sa bonté, à sa charité, à sa mansuétude en-