‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 243 sur 362 · XIX NOVEMBRE. — P. JEAN-BAPTISTE GIATTINI · texte numérisé non relu

XIX NOVEMBRE. — P. JEAN-BAPTISTE GIATTINI

blic. Le p. Crescenzio venait d'être nommé Instructeur des Pères du troisième an, quand il fut assailli par une recrudescence de ses douleurs, auxquelles s'en joignirent d'autres non moins grandes qui achevèrent d'épuiser ses forces et le conduisirent enfin au tombeau. Il fut acclamé et vénéré comme un saint ; il fallut renouveler deux fois ses pauvres vêtements, mis en pièces par la foule, qui se les partageait comme des reliques. Le P. Crescenzio était âgé de cinquante-six ans et en avait passé quarante dans la Compagnie.

Nadasi, Afin. (lier, memor., 19* noi>., p. 284. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, /j. 350. — Elog. defunctor. Provinc. Sicul. {Archiv. Rom.).

* Le dix-neuvième jour de novembre de l'an 4672, le P. Jean- Baptiste Giattini, Sicilien, mourut au Collège Romain, qu'il avait enrichi de ses libéralités, et où il avait passé près de quarante ans, tour à tour professeur de grec, de mathématiques, de philosophie, de théologie morale et scolastique, et préfet des hautes études. Dieu l'avait doué d'une facilité merveilleuse pour toutes les sciences. Il parlait la plupart des langues de l'Europe, l'espagnol, le français, l'allemand, le portugais, l'illyrien, et savait à fond celles de l'Orient, l'hébreu, le chaldéen, l'arabe et le syria(|ue. Lui seul parvint à déterminer d'une manière satisfaisante le sens d'une inscription arabe trouvée en Espagne, et qui avait échappé à la sagacité du P. Kircher et du savant Marracci lui-même. Le P. Giattini était encore poète ; ses compositions dramatiques, pro-

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fanes ou sacrées, faisaient presque tous les ans les délices des élèves du Séminaire Romain. Les historiens vantent jusqu'à la souplesse merveilleuse de ses doigts ; il inventait et exécutait avec une rare perfection les systèmes d'horlogerie les plus ingénieux. Ces dons naturels étaient relevés par d'exquises qualités du cœur et de grandes vertus religieuses. Nul n'était d'un commerce plus facile et plus aimable, d'une charité plus délicate visà-vis de tous ses frères, et surtout des supérieurs, dont il ne se permit jamais de critiquer ni un acte ni une parole ; d'une pauvreté plus stricte pour lui-même et d'une libéralité plus généreuse pour les autres. Dans les dernières années de sa vie, il traduisit en latin l'Histoire du concile de Trente par le Cardinal Pallavicini, et eut la joie de terminer cette entreprise, qui fut accueillie avec une grande faveur par le monde catholique. Le P. Giattini mourut dans la soixante-douzième année de son âge et la cinquanteseptième depuis son entrée dans la Compagnie.

SoTUELLUs, Bibliot/i., p. 411. — de Backer, Biblioth., l^^^ édit., t. 2, p. 229. — Aguilera, Histor. Provinc. SicuL, t. 2, p. 929. — Drews, Fasti Soc, 19* noi>., p. 454. — Mongitore, Biblioth. SicuL, t. i, p. 327.

* Le dix-neuvième jour de novembre de l'an 1748, à Novellara, mourut le F. Coadjuteur Jean-Baptiste Salvatori, dans la quatrevingt-onzième année de son âge et la soixante-quatrième depuis son entrée dans la Compagnie. Appliqué dès son noviciat au dur emploi de cuisinier, il fut, à part une courte interruption, continué dans cet office jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans. Alors, brisé par

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l'âge et Irt fatigue, et plus encore par de douloureuses inllrmités, il dut céder sa place à un autre do ses frères ; mais le courageux vieillard demanda du moins et obtint comme une grâce de ne point s'éloigner de ce cher théâtre de ses fatigues, et il continua à travailler sans repos. Gomme il avait uniquement en vue la sainte volonté de Dieu, il ne connaissait ni la routine ni le laisser-aller ; et son supérieur a pu remarquer à sa louange, que jamais il ne se relâcha, pour la charité ou la diligence, dans un office si laborieux, et qu'il y déploya jusqu'à la fin la même ferveur, le même entrain, la même attention qu'au premier jour.

Le F. Salvatori ne pratiquait pas dans un moindre degré les autres vertus des Frères Coadjuteurs ; « sans exagération, dit encore son supérieur, on peut affirmer qu'il en a été le parfait modèle, et que s'il devançait tous les autres par son âge, il ne les devançait pas moins par sa sainteté ». On admirait en particulier sa dévotion au saint Sacrement et sa rigoureuse mortification ; il n'avait point de plus doux repos que de s'entretenir longuement avec Notre-Seigneur caché au tabernacle ; et malgré l'épuisement de ses forces, il se contentait d'une nourriture grossière et parcimonieusement mesurée; il avoua lui-même n'avoir pas une seule fois en quarante ans pris des mets plus délicats qu'on servait à certains jours. Le F. Salvatori accueillit avec joie l'annonce de sa fin prochaine ; un quart d'heure avant d'expirer, il renouvela le sacrifice de sa vie, et remit ensuite doucement son âme entre les mains de Dieu.

Lettre circulaire du P. Angelo Melchiori pour annoncer la mort du F. J.-B. Salvatori, c Novellara, 20 novembre 1748 ». {Archiv. Rom.).

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