XXII NOVEMBRE — F. PROSPER SORBATO
P. Paul Achille, étant entré le lendemain matin dans la chambre de son saint directeur pour se confesser, le trouva comme plongé dans un doux sommeil, mais déjà froid et inanimé. Ses funérailles se firent au milieu d'un concours extraordinaire de fidèles avides de lui prodiguer les témoignages de leur douleur et de leur vénération. On vit même deux musulmans se joindre à la foule et lui baiser aussi les mains ; comme on leur demandait la raison d'un pareil hommage rendu à un ennemi de leur religion: « Ah ! répondirent-ils, c'est que celui-là était un homme de grande vertu et un saint » !
Sacchinus, Histor. Societ. Jesu^ lib. 3, n. 62, p. 91. — Alberti, Istor. délia Provinc. di Sicil., p. 158 et suiv. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 1, p. 148.
* Le vingt-deuxième jour de novembre de l'an 1605, à Barletta, mourut le F. Prosper Sorbato, dont les Lettres annuelles de la Compagnie n'hésitent pas à dire qu'il a bien mérité du collège de Barletta et des différents collèges de la Province de Naples. Mais il s'est rendu surtout utile, ajoutent-elles, par ses vertus. Son obéissance aux supérieurs et son indifférence à l'égard de tout ce qu'on pouvait lui demander, étaient telles, qu'il ne voulut jamais témoigner aucune préférence pour une chose plutôt que pour une autre, et se refusa constamment, même quand on l'en priait, à manifester le moindre désir. Sa charité n'était pas moins parfaite ; il avait un art merveilleux pour excuser ou voiler les fautes de ses frères, et mettre en relief leurs bonnes qualités et leurs vertus,
b34 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iTALIE.
Chargé pendant de longues années de l'administration des fermes des collèges, et alors livré presque entièrement à lui-même, il n'en demeurait pas moins fidèle à toutes ses règles ; loin de laisser se dissiper l'esprit religieux, il était par ses exemples et de sages conseils donnés avec prudence, un apôtre pour les gens de la campagne au milieu desquels il avait à vivre. Tendrement dévoué aux malheureux, il était lui-même un parfait modèle de pauvreté. Après sa mort, on ne trouva dans sa chambre que son chapelet, sa discipline et le petit office de la très sainte Vierge. Ce fidèle serviteur de Dieu et de la Compagnie expira saintement dans la soixante-troisième année de son âge, et la quarante-cinquième depuis son entrée dans la Compagnie.
Litterœ ann. Societ. Jesu, anno 1605, p. 1^-11. — Santagata., Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 3, p. 186.