‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 257 sur 362 · XXVI NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XXVI NOVEMBRE

Le vingt-sixième jour de novembre de l'an 1626, mourut à Modène, sa patrie, le P. Jean Argenti, l'un des plus intrépides défenseurs de la Compagnie et de l'Eglise, qui étaient alors en proie dans les royaumes du Nord à toutes les fureurs de l'hérésie. Trois fois il fut chassé par la force de la Vice-Province de Transylvanie , dont Claude Aquaviva lui avait confié le gouvernement . Mais dès que le triomphe des armées catholiques lui rouvrait les portes de Kolosw^ar, la capitale du pays, il se faisait le bienfaiteur et le libérateur de ses ennemis, vaincus à leur tour et ensevelis au fond des cachots. Tout en veillant à ne rien omettre de ce que pouvait suggérer la prudence humaine, il mettait en Dieu seul son espérance ; pour se le rendre propice, ainsi qu'à ses frères, il jeûnait et se flagellait tous les jours, passait de longues veilles en prière et prenait tout au plus quelques heures de sommeil sur une peau de bête fauve. Aussi mérita-t-il d'être consolé dans ses épreuves par la très sainte Vierge et par saint Ignace.

Après la Vice-Province de Transylvanie, le P. Argenti gouverna

tour à tour avec la même sagesse et la même intrépidité en face

des oppositions, des calomnies et des violences des hérétiques et

des mauvais catholiques, les Provinces d'Autriche, de Pologne et

Page 1