XXVI NOVEMBRE. — P. JEAN ARGENTI
de Lithuanie. A la mort du P. Aquaviva, bien qu'il fût retenu loin de Rome par le malheur des temps, vingt-neuf suffrages se portèrent sur son nom dans la Congrégation générale où fut élu le P. Mutins Vitelleschi. Nommé par le nouveau Général Provincial de Milan et ensuite de Pologne, puis Visiteur d'Autriche, dont il détacha la Province de Bohême en 1623 , et enfin Provincial d'Autriche, le P. Argenti déploya, dans toutes ces charges difficiles et importantes, une activité qui ne connaissait aucun repos. « 11 serait difficile de dire tout ce que la Compagnie doit k ce grand homme, écrit le P. Cordara, après avoir esquissé à grands traits le tableau de ses courses et de ses fatigues ; partout il la défendit dans son honneur et dans ses biens, et y fît fleurir la discipline par de sages règlements ».
Enfin épuisé de forces, le courageux vieillard fut rappelé dans sa Province, et comme si le travail ne devait finir pour lui qu'avec la vie, il fut mis à la tête du collège de Modène. C'est dans cette charge qu'il acheva de se consumer au service de ses frères, et après une courte maladie, il alla jouir de l'éternel repos. Il était âgé de soixante-cinq ans, et en avait passé quarante-trois dans la Compagnie.
JuvENCius, Hislor. Societ., part. 5» , Ub. 12, g. 10 et il, j». 116 seqq.\ lib. 25, n. 63, p. 917. — Gordar\, Histor. Societ., part. 6* , lib. 1, n. 69, p. 32; lib. 11, n. 38, p. 13. — Sotuellus, Biblioth., p. 402 seqq. — Sommervogel, Bibliothèque..., t. i, p. 536. — Patrignani, Menai., 26 nov., p. 187. — Nadasi, Ann. dier. memorab. , 26» nov., p. 291. — Drews, Fasti Societ., 26^ nov., p. 463. — Guidée, Me'nol., 26 nou., p. 377. — Menologio Romano, 26 nov., p. 157.
Le vingt-sixième jour de novembre de l'an 1681, mourut à Rome le P. Jean -Paul Oliva, onzième Général de la Compagnie, qu'il avait gouvernée pendant vingt ans, trois en qualité de Vicaire, et dix-sept comme Général. Aux fatigues inséparables de sa charge, il joignit longtemps celle de la prédication, ministère qu'il avait exercé déjà l'espace de trente ans presque toujours à Rome, et même dans le Palais Apostolique, où quatre Souverains Pontifes voulurent successivement l'entendre . L'étendue de son esprit , l'inaltérable sérénité de son âme et de son visage au milieu des événements les plus fâcheux, la sagesse de ses conseils, auxquels recouraient une foule d'ecclésiastiques et de séculiers, lui avaient concilié l'estime universelle. A une grande douceur et aménité de caractère dont les personnes les moins favorablement disposées à son égard, étaient les premières à ressentir les effets, et qui le rendaient aimable à tout le monde, aux étrangers comme aux Nôtres, le P. Oliva joignait une fermeté invincible, dès qu'il s'agissait de maintenir notre Institut dans son intégrité. On admirait encore en lui une dévotion tendre au milieu du tracas des affaires, et une mortification extraordinaire, dont son humilité s'efforçait de dérober les saintes rigueurs aux yeux des hommes.
C'est à ses démarches que la Compagnie doit la canonisation de saint François de Borgia et l'accroissement du culte de saint Stanislas Kostka. Grâce à son zèle et à celui des ouvriers évangéliques envoyés par lui, les missions prirent plus de développements dans plusieurs Provinces, et il en établit de nouvelles dans différents pays hors de l'Europe, au grand avantage de la piété et de la foi chrétienne. 11 conserva jusqu'à la fin l'aimable can-