IV DÉCEMBRE. — B. P. JÉRÔME DE ANGELIS. S
il parcourut plusieurs fois tout le Japon, avec des peines et des fatigues inconcevables. C'est lui qui le premier porta la lumière (le l'Evangile dans trois royaumes situés sur les frontières du Japon, vers l'Orient C'est le premier qui a pénétré dans les
terres inconnues d'Yezo C'est lui qui visita le premier et
consola les confesseurs de Jésus-Christ qui furent bannis de Meaco et d'Osaca l'an 4614 dans un pays presque inhabitable pour la rigueur du froid, et inaccessible pour les hautes montagnes couvertes de neige qui l'environnent. Mais la charité du Père surmonta tous les obstacles.
« Il était si doux, si obligeant et si charitable, qu'on ne pouvait le pratiquer sans l'aimer. Lorsqu'il entra dans les royaumes de Cami, il n'y trouva que mille chrétiens, et en peu de temps, il en
eut dix mille qu'il baptisa de sa main 11 fut envoyé par ses
supérieurs à Yedo pour gouverner cette église affligée. Il y souffrit de si grandes incommodités, qu'il y devint comme étique, et n'avait plus que la peau sur les os. 11 y demeura cependant deux ans, faisant malgré ses infirmités de temps en temps des courses dans les royaumes de Jasu et de Cai, où il prêcha le premier l'Kvangile et où il convertit un grand nombre d'infidèles ».
Voyant enfin ses néophytes cruellement persécutés à cause de lui, il résolut d'aller se livrer au gouverneur. Condamné à périr dans les flammes, ainsi qu'un vénérable religieux de saint Dominique et un héroïque gentilhomme de la cour même de l'empereur, il fut conduit avec eux sur la place publique de Yedo. Là, avant d'être liés à leurs poteaux, les trois confesseurs de Jésus-Christ se donnèrent le baiser de paix ; puis, « lorsqu'on mit le feu à leur bûcher, ils se dirent encore adieu, s'exhortant à mourir constamment pour
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la foi. Les gros tourbillons de fumée qui s'élevèrent, les cachèrent quelque temps à la vue des assistants. Mais lorsqu'elle se fut dissipée, on les aperçut immobiles et contents, comme s'ils eussent été dans un lieu de délices.
« Il n'y eut que le P. de Angelis qui tourna quelque temps le visage du côté de Yedo. On ci'ut qu'il priait pour le salut de ses habitants. Un instant après, il se tourna du côté du vent qui poussait vers lui la flamme avec beaucoup de force, pour montrer qu'il ne la craignait pas, et pour parler au peuple, qui était en plus grand nombre de ce côté-là. 11 parla avec un zèle ardent, et ne cessa d'exhorter les infidèles à embrasser la foi, jusqu'à ce que la flamme lui coupât la parole. Alors il se mit à genoux devant son poteau, qui était comme l'autel de son sacrifice ; et en cette posture, il rendit son esprit à Dieu ».
Grasset, Histoire de V Église du Japon, Paris 1715, /. 2, liv. 16, p. 428, 430 et suiv. — Gharlevoix, Histoire du Japon, Paris 1754, t. 4, liv. 11, p. 166 ; t. 5, liv. 15, p. 16, 24 ; liv. Î6, p. 107 et suiv. — Gordara, Histor. Societ. Jesu, part. 6=", lib. 4, n. 158, p. 214; lib. 8, //. 141 scqq., p. 459 seqq. — Alegambe, Mortes illustres, anno 1623, p. 351 seqq. — Bartoli, Il Giappone, t. 4, le™ part., p. 116 et suiv. ; 2c part., p. 88 et suiv., 96 et suiv. — Nieremberg, Varones ilustres, 2« e'dit., t. 1, p. 413. — Patrignani, Menai., 4 dicemb., p. 50. — Nadasi, Annus dier. memorab., 4=» dec, p. 306. — Drews, Fasti Soc, 4» dec, p. 476. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 149 seqq. — Sotuellus, Biblioth., p. 337. — Sommervogel, Biblioth., t. 1, p. 388. — Mongitore, Biblioth. Sicul., t. 1, p. 272. — Juvencius, Histor. [ms.) Soc. Jesu, part. G^ , lib. 8, n. 44, p. 194 seqq.