VIII DECEMBRE
Le huitième jour de décembre à Naples, l'an 1605, mourut au dernier mois de son noviciat le F. Anello Apicella, religieux d'une pureté de vie et d'une ferveur angélique, âgé seulement de dix-huit ans. Plusieurs fois sa vertu avait été mise à dessein par son supérieur aux plus rudes épreuves ; mais ces épreuves ne servirent qu'à faire éclater aux yeux de tous ses frères son héroïque générosité. Un peu avant d'expirer, il confessa publiquement que les deux inépuisables sources de sa joie et de sa confiance avaient été la sainte communion et le plus filial amour pour la très sainte Vierge ; cette glorieuse Reine du ciel parut vouloir en récompenser le F. Apicella, en l'appelant près d'elle au jour de son Immaculée Conception.
Litter. ann. Societ., anno 1665, p. 48. — Santagata, Istor. délia Provinc. di Napoli^ t. 3, p. 186.
Le huitième jour de décembre, mourut très saintement à Modène, l'an 1620, le P. Bernardin Stefonio, l'une des plus brillantes gloires littéraires de l'Italie à la fin du seizième siècle, non
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moins parfait religieux que poète illustre et maître éminent. Il était originaire de la Sabine et né dans la plus basse condition. Le cardinal Alexandre Farnèse, qui le comptait parmi ses vassaux, discerna de bonne heure en lui les premiers reflets d'un génie et d'une vertu bien au-dessus de son humble fortune, et le plaça au Séminaire Romain. Là, Stefonio parut en peu de mois sans rival entre tous ses condisciples ; saintement jaloux de consacrer à Dieu ses talents naturels, il brûlait déjà de l'envie de partager un jour la noble vocation de ses maîtres ; mais la pensée de son obscure naissance le retenait ; il n'osait s'ouvrir. A la fin cependant il laissa échapper quelque signe de son secret, et les enfants de saint Ignace, dit un de ses plus célèbres contemporains, le virent au milieu d'eux avec plus de bonheur que s'ils avaient reçu le fils d'un roi.
Près de trente ans professeur de poésie ou d'éloquence au Collège Romain, Stefonio sut inspirer à ses élèves, avec un ardent amour de toutes les beautés littéraires, l'élan des plus nobles vertus et des sentiments les plus élevés du cœur humain ; ses compositions de classe, ses discours publics, ses pièces de théâtre n'avaient pas d'autre but, suivant l'exemple qu'il en avait du reste reçu de nos premiers Pères. Rome tout entière en fut émue, d'après les historiens de ce temps ; par la renaissance de l'art dramatique, au témoignage de Vittorio Rossi, n'avait rien produit encore de si remarquable. Mais au milieu des plus flatteurs applaudissements, le P. Stefonio ne cherchait que la seule gloire de Dieu ; il se regardait lui-même comme le dernier des hommes et se flagellait tous les jours avec une rigueur inexorable . Nous avons encore un touchant écrit de sa main, où il compare les
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plaies de son tinie à celles du corps du saint homme Job, et il obtint de faire lire en public cette humiliante confession.
Appelé à Modène pour y élever les jeunes princes de la famille ducale, il obéit avec un empressement admirable, bien qu'il eût alors près de soixante ans ; on ne put jamais lui persuader de paraître à la cour en dehors des heures de ses leçons. Enfin sentant approcher la mort, le P. Stefonio fit prier le Père Général Mutins Vitelleschi de condamner au feu tous les écrits qu'il pourrait laisser : « Car, ajoutait-il, rien ne doit rester d'un homme qui n'a jamais rien fait de louable ». Mais Dieu et les hommes le jugeaient bien différemment. On a môme tout lieu de croire que Notre-Seigneur lui révéla le jour de sa mort. Souvent, en effet, dans les dernières semaines de sa vie, on l'entendit rappeler avec bonheur les grâces qu'il avait reçues depuis son enfance aux principales fêtes de la très sainte Vierge ; et de même, disait-il avec transport, que le glorieux jour de l'Immaculée Conception a été, voilà soixante ans, celui de ma naissance sur la terre, il sera aussi cette année le jour de mon départ pour le paradis ».
CoRDARA, Histor. Societ. Jesii, pari. 6=" , l. .5, n. I, p. 226. — Sotuel- Lus, Biblioth., p. 117. — DE Backer, Biblioth.^ l^'" ëdit., t. 2, p. 588. — Patiugnani, Menol.^ 8 diceinb., p. 72. — Nadasi, Ann. dier. memor., 8" dec.^ p. 313. — Glinigi, Alloculiones gi/mnasticx, Allocut. 10* . — Alet, Une tragédie latine à Rome, l'an 1600. Cf. Etudes de théologie, de philosophie et d'histoire, Paris 1857, t. 2, p. 355-413. — Biographie univers.^ t. 83, p. 27. — Nouvelle Biographie génér.., t. 44, p. 462.
Le huitième jour de décembre de l'an 1743, mourut à Rome en odeur de sainteté, après une longue et laborieuse carrière de qua-
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tre-vingt-trois ans, le P. Georges-Benjamin d'Edesse, né en Syrie. Il avait quitté fort jeune sa patrie pour venir étudier au collège des Maronites. Se sentant appelé par Notre-Seigneur à la vie religieuse et apostolique de la Compagnie de Jésus, il n'épargna rien pour y être reçu ; mais l'Orient le réclamait et ses vœux ne purent alors être exaucés. Il lui fallut donc retourner vers ses compatriotes. Après avoir évangélisé toutes les parties du Liban, il fut élevé sur le siège archiépiscopal d'Edesse et nommé visiteur des églises d'Antioche ; il était vénéré comme un saint et montrait en sa personne une vivante image de ces anciens évêques des premiers siècles, les colonnes et la gloire du nom chrétien. Cependant les désirs de sa jeunesse étaient toujours aussi ardents dans son cœur.
Étant venu dans la suite prier au tombeau des saints Apôtres et se prosterner aux pieds du Vicaire de Jésus-Christ, il fit de nouvelles instances, et obtint du Pape Clément XI la grâce de renoncer enfin à tous ses honneurs, pour devenir un humble enfant de saint Ignace parmi les novices de Saint-André. Les dernières années du P. Benjamin s'écoulèrent très utilement pour l'Eglise, dans ce même collège des Maronites, où il avait puisé ses premiers désirs de vie religieuse. Il y remplit en effet, durant plus de vingt ans, les deux importantes fonctions de Préfet des études et de Père spirituel des jeunes Syriens, préparant ainsi jusqu'à sa mort des prêtres, des docteurs et des évêques pour le remplacer auprès du troupeau qui lui avait si longtemps été confié.
Summar. Vitas ( Archiv. Rom. ).