‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 305 sur 362 · XIX DÉCEMBRE. — P. FRANÇOIS SCORSO · texte numérisé non relu

XIX DÉCEMBRE. — P. FRANÇOIS SCORSO

après, François se remettait aux études, qui devaient faire désoimais son occupation principale pendant plus de quarante ans. Il y acquit une profonde connaissance des trois langues qui recèlent les plus précieux trésors des antiquités sacrées et profanes. On peut voir dans son Latiuin C/iristianuni comment il savait exprimer lui-même, et comment il enseignait aux Juvénistes de la Sicile l'art d'exprimer les idées chrétiennes, les moins propres en apparence à recevoir une forme littéraire. Quand la neuvième Congrégation générale, voulant relever parmi nous les études grecques, pour la défense et l'honneur de l'Eglise, en fit un nouveau titre à la profession des quatre vœux, le nom du P. François Scorso mérita d'être cité unanimement, avec les éloges les plus flatteurs, comme celui d'un helléniste que la Sicile pouvait opposer sans crainte aux plus habiles de ceux dont se glorifiait alors l'hérésie. Sa science en hébreu n'était pas moins renommée ; le savant P. Théophile Raynaud témoigne avec quelle impatience il attendait son travail sur les Psaumes ; malheureusement la mort l'empêcha d'y mettre la dernière main.

Mais la science des saints eut toujours la première place dans le cœur du P. Scorso. Il savait trouver de longues heures pour s'entretenir avec Dieu, et ne manquait jamais, selon le conseil de saint Ignace, de consigner par écrit toutes les lumières et inspirations qu'il recevait de Notre- Seigneur. 11 dirigea pendant seize ans une congrégation de la sainte Vierge, que l'on compara plus d'une fois, pour la ferveur de ses membres, à un noviciat de religieux. Quand il fut près de mourir, le P. Scorso, repassant devant Dieu sa longue vie d'études, put se rendre le témoignage de ne s'être permis avec réflexion ni une action, ni une parole, ni

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une pensée, ni un désir qui n'eût pour unique fin la gloire et l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il était âgé de soixantedeux ans et en avait passé quarante-six dans la Compagnie.

SoTUELLUs, Biblioth., p. 252. — de Backer, Biblioth., lère édit., t. {, p. 734. — MoNGiTORE, Biblioth. Sicul., t. 1,/?. 239. — Patrignani, Menol., 49 dicenib., p. 153. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 747. — Th. Raynaud, apud Aguilera, Op. cit., p. 749.

* Le dix-neuvième jour de décembre de l'an 1570, mourut au Collège Romain , le Frère Coadjuteur Jean-Thomas Lauretani, dont l'Histoire générale de la Compagnie a raconté la vocation merveilleuse. 11 appartenait à une noble famille de Modène et portait dans le monde le nom d'Amurat Roberti. Dès sa première enfance, la dévotion à la sainte Vierge avait fait ses délices. A peine fut-il en état de disposer de lui-même, qu'il prit le chemin de Lorette, dans le dessein de s'y consacrer uniquement au service de la Mère de Dieu. Il espérait y trouver aussi, comme dans une autre Rome, un grand nombre d'Ordres religieux, parmi lesquels il pourrait choisir celui qui répondrait mieux à ses désirs de perfection ; mais la Compagnie de Jésus était seule établie auprès du sanctuaire de Notre-Dame, et Amurat Roberti nourrissait contre elle une secrète aversion. Grand fut son désappointement ; il pensait même à retourner sur-le-champ à Modène sans se confesser ni communier, et même sans entrer dans la Santa Casa, quand des pèlerins auxquels il s'ouvrit de ses peines, relevèrent son courage et le conduisirent à un Père du collège. Il en reçut un si bon accueil,

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