XXIII DÉCEMBRE. — P. JEAN SCOTTI
le défendre contre l'indiscrétion de ceux qui voulaient de ses reliques. Quelqu'un l'ayant blessé au pied, il en jaillit aussitôt un sang frais et vermeil, qui coula jusqu'au moment de la sépulture et dans lequel on trempait des linges par dévotion. On assure même dans une relation adressée au Père Général François Retz, que ce sang mis dans une fiole s'y conserva liquide. Le P. Louis de Mutiis était dans la quatre-vingt-septième année de son âge et la soixante-huitième depuis son entrée dans la Compagnie.
Litter. ann. Provinc. Neapolit., ah anno 1731 usque ad ann. 1736 { Archiv. Rom. }. — Notizie del P. Luigi de Mutiis, Coadjulore spirituale formato. . . al M° Revdo in Cto Pre, il Preposito Gen. délia Compagnia di Gesii. Ronia [Arcliiv. Rom. }.
* Le vingt-troisième jour de décembre rappelle le souvenir de la précieuse mort du P. Jean Scotti, de la Province de Venise, arrivée à Rome en 1755. 11 était né à Plaisance et appartenait à une noble famille d'Ecosse établie depuis longtemps en Italie. Les qualités de son esprit, sa fortune, l'illustration de sa naissance, l'amitié des ducs Farnèse, la possession d'une riche prélaiure domestique ouvraient le plus magnifique avenir devant lui, et pouvaient même lui promettre les honneurs de la pourpre romaine. Mais Jean Scotti ne regardait ces biens qu'avec indifférence et une sorte de répulsion ; et à dix-neuf ans, il aspirait à l'humilité et à la pauvreté de Jésus-Christ. Son amour de la solitude et de l'oraison l'inclinait vers la vie contemplative des Chartreux, quand A. I. — II. — 84.
666 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
Dieu se servit du fait le plus indifférent en apparence pour modifier le cours de ses idées et l'attirer sous le drapeau de saint Ignace. Son professeur de philosophie, le P. Antoine-Marie Chiapponi, religieux d'une haute vertu, se disposait à partir pour Bologne, où il venait d'être nommé Maître des novices. Jean Scotti alla le voir par civilité. Or il fut si touché de ses paroles, de l'air de sainteté qui brillait dans ses traits et dans toute sa personne, qu'il résolut de le suivre, et peu de temps après, il alla se mettre sous sa direction au noviciat de Saint-Ignace à Bologne. 11 forma sur-le-champ le dessein de répondre pleinement aux exigences de sa vocation, qui veut des hommes de vertu et de science. En effet, il sut si bien faire valoir les dons de Dieu, qu'il se rendit éminent en toutes choses. 11 fut tour à tour prédicateur, professeur de philosophie et de théologie et préfet des études à notre université de Bologne ; Recteur des collèges de Parme et de Plaisance, et Provincial de Venise. Le Souverain Pontife Benoit XIV, qui l'avait vu de près n'hésitait pas à le mettre au rang des hom mes les plus remarquables dont la Compagnie pût alors se glorifier. A la mort du P. Michel-Ange Tamburini, le P. Scotti prit part à la Congrégation générale réunie pour donner un successeur au défunt. Le nouveau Général, François Retz, vivement frappé de ses grandes qualités, le nomma quelque temps après Secrétaire de la Compagnie. Le P. Scotti se dépensa douze années dans cet emploi, avec autant de sagesse et de prudence que de dévouement et d'abnégation; et le P. Retz étant venu à mourir, il fut élu par la Congrégation générale Assistant d'Italie; mais il eut à peine le temps d'entrer en charge : une maladie violente l'emporta brusquement quinze jours après son élection, à l'âge de soixante-quatorze ans.