‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 315 sur 362 · XXIII DÉCEMBRE. — P. LOUIS DE MUTIIS · texte numérisé non relu

XXIII DÉCEMBRE. — P. LOUIS DE MUTIIS

savons avec cei^itude que, pendant au moins dix-sept ans, deux simples paysans, auxquels il avait persuadé que c'était rendre un incomparable sei^vice à son âme, lui servirent tour à tour de bourreaux une ou deux fois par mois, et faisaient de son corps une vive image de Jésus déchiré dans la flagellation. Le P. d'Alessandro mourut à l'Age de soixante-dix-sept ans ; il en avait passé soixante-trois dans la Compagnie.

Patrignani, Menol., 23 die, p. 197. — Mazzolari, Comment, et Ellug., p. 140. — Aguileha, Histor. Provinc. SicuL, t. 2, p. 598.

* Le vingt-troisième jour de décembre de l'an 1731, mourut au collège Saint-Ignace à Naples, le P. Louis de Munis. Au témoignage des Lettres annuelles de sa Province, ce n'avait pas été sans une inspiration particulière de la Providence, que les supérieurs, quarante années auparavant, l'avaient envo^'^é dans ce collège, pour en faire l'apôtre de la nombreuse et indigente population qui se pressait dans le quartier dit del Mercato. En effet, le P. de Mutiis se voua tout entier à l'évangélisation de ces pauvres gens, que la misère, l'ignorance et l'oisiveté entraînaient trop souvent au vice et à l'oubli de Dieu. Il faisait le catéchisme deux fois par semaine ; le vendredi, il allait sur la place publique, où les désœuvrés se trouvaient toujours en grand nombre, les réunissait autour de lui, et après une vive exhortation, les entraînait à l'église voisine du collège, où il complétait son œuvre, en les excitant au regret de leurs fautes et à la confession. Aux approches de Pâques, il redoublait de zèle ; il leur donnait pendant plusieurs jours

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les Exercices de saint Ignace, et le dimanche des Rameaux, il les conduisait en procession solennelle à l'archevêché pour y faire la communion pascale. Une congrégation lui servit il étendre et à perpétuer les fruits de son apostolat. Il l'établit sous le titre de Notre-Dame des Sept-Douleurs ; il en recruta les membres surtout parmi les savonniers, les fariniers et autres marchands qui allaient débiter les menus objets de leur commerce dans les rues de la ville et les bourgades environnantes. Cette congrégation devint bientôt florissante ; elle ramena la vie et la ferveur, en s'y associant, dans la congrégation de la Bonne Mort, que le P. de Mutiis dirigeait également, et dont il voyait, à son grand regret, les hommes presque entièrement éloignés.

Jusqu'à l'extrême vieillesse, le P. de Mutiis se dépensa avec la même ardeur dans ces œuvres diverses. Rien ne lui coûtait dès qu'il était question de ses pauvres. 11 avait pris depuis longtemps pour devise ces paroles si dignes d'un apôtre . « Oninia ex cliaritate, tout par charité ». 11 portait le même élan et la même générosité dans l'accomplissement des devoirs de la vie religieuse ; en toutes choses, il visait à la perfection par amour. Son biographe vante principalement sa modestie et sa régularité . Au reste, sa vertu n'était point chagrine ; nul n'était plus aimable et plus gai, et ne semait sa conversation de plus de traits joyeux. A l'âge de quatre-vingt-six ans, il avait encore la lucidité et la fraîcheur de la jeunesse. 11 s'endormit doucement et presque sans agonie dans le Seigneur. Son visage parut alors s'embellir d'un éclat céleste ; ses membres demeurèrent flexibles. Pendant deux jours entiers, une foule nombreuse ne cessa de se presser autour de ses restes précieux ; ses congréganistes avaient peine à

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