‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 339 sur 362 · XXXI DÉCEMBRE. — F. SIMON DAMIANI · texte numérisé non relu

XXXI DÉCEMBRE. — F. SIMON DAMIANI

son bonheur était d'entendre ou de servir plusieurs messes chaque jour. Le dernier dimanche du mois, quand avait lieu la communion générale instituée par le P. Gravita, le F. Damiani ne prenait, on peut dire, aucun repos ; pendant cette longue et belle cérémonie, qui parfois ne durait pas moins de six à sept heures, il était sans cesse en mouvement, veillant et pourvoyant à tout.

Son amour pour Notre-Seigneur lui inspira deux œuvres admirables, celles du catéchisme et de la première communion des enfants pauvres et délaissés. A voir ces malheureux errer dans les rues ou sur les places publi(|ues, sans instruction, sans frein d'aucune sorte, son cœur s'était rempli d'une immense compassion ; il les attira par l'appât de petits présents à l'Oratoire de saint François-Xavier, et leur enseigna la doctrine chrétienne. Bientôt l'afïïuence fut considérable ; il avait recours à toutes les industries pour les intéresser et les retenir : le chant, de petits dialogues composés à sa demande par les Scolastiques du Collège Romain ; puis le jour de l'Assomption, quand ils étaient suffisamment préparés, avait lieu dans la chapelle de l'Oratoire, avec une très grande solennité, la cérémonie de la première communion. Ces belles œuvres ne disparurent pas avec le zélé religieux. Si des centaines d'enfants, écrivait quelques années plus tard le P. Patrignani, sont instruits dans la doctrine chrétienne à l'Oratoire, c'est au F. Damiani qu'en revient le mérite ; l'historien ajoute avoir vu de ses yeux, avec une ineffable consolation de son âme, ces enfants nourris pour la première fois du pain des anges, se rendre processionnellement en longues files de l'Oratoire à la Madone de la Rotonde.

Des fatigues excessives endurées un jour de communion généra-

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le, hâtèrent la fin de ce fidèle serviteur de Dieu. Sa gorge contractée se refusait à laisser passer tout aliment ; mais par une sorte de merveille dans laquelle on vit une récompense de son zèle à honorer et à faire honorer la sainte Eucharistie, il put recevoir son Sauveur : « Je meurs content », dit-il alors, et peu de temps après, il expira. Le F. Damiani était âgé de soixante-sept ans, et en avait passé quarante-sept dans la Compagnie.

Patrignani, Menol.i 31 die, p. 257. — Mazzolaui, Comment, et Ellogia, p. 147.

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