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fête de Noël ; enfin à se lever chaque nuit pour faire oraison, dès que la cloche d'un monastère voisin sonnait vers minuit l'heure des matines.
Gomme il avait partout son rosaire à la main et qu'on lui en demandait la cause, il répondit ingénument qu'outre le chapelet de Notre-Dame, il en récitait un autre formé d'oraisons jaculatoires ; il l'appelait le rosaire de ramour dwin. Sa tendresse pour notre Bienheureux Père n'avait pas de bornes. La veille du 31 juil- 1-et, il ne prenait absolument aucune nourriture, et passait toute la nuit suivante en prières. Sur l'autel du saint, il fît placer une magnifique statue en argent, qu'une grande partie de la ville et la congrégation de la Persévérance accompagnaient en procession solennelle chaque année le jour de la fête. Quand le P. Buratti eut rendu le dernier soupir, la ville de Forli entière fit une irrésistible violence aux Pères du collège, pour rendre à son corps des honneurs extraordinaires. Elle voulut qu'il fût porté à découvert sur les épaules du clergé, et parcourût ainsi les rues et les places de la cité, comme pour les bénir une dernière fois. Ramenée à l'église de la Compagnie, la vénérée dépouille fut environnée d'une garde nombreuse jusqu'au moment de la sépulture ; mais il fut impossible de la mettre à l'abri de la pieuse avidité du peuple, qui se précipitait pour la toucher encore et emporter quelque objet consacré par son contact. Le bruit des miracles opérés par ces reliques se répandit jusqu'au-delà des monts, et beaucoup de pèlerins se rendant à la sainte maison de Lorette, ne repassaient les Alpes qu'après avoir été à Forli vénérer et baiser l'image du serviteur de Dieu, Vincent Buratti.
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Patrignani, MenoL, 31 die, p. 248. — Discorso domestico in commendazione délia divozione eroica del P. Vincenzo Buratti S. J. , defonto in Forli a di 31 décembre 1689, composto da Carlo Tomaso Morone, délia medesinia Compagnia, e detto nel collegio di S. Lucia di Bologna, li 13 marzo J690 { Arch. Roman.).
* Le trente-et-unième jour de décembre de l'an 1698, mourut à Sora le P. Louis Bizzarri, né Ji Monte Santo, non loin de Lorette. A dix-huit ans, après une enfance sanctifiée par les pratiques de la mortification, il entra dans la Compagnie en qualité d'indifférent. Son désir eût été de passer sa vie tout entière dans les humbles emplois des Frères Coadjuteurs ; mais il reçut l'ordre de s'appliquer aux études ; il y Ht de tels progrès qu'il fut chargé de soutenir le grand acte à la fin de sa théologie. Ses progrès dans la perfection n'avaient pas été moins rapides, et déjà il avait dans toute la Province la réputation d'un saint. L'humilité, le renoncement, l'oubli de soi étaient ses vertus de prédilection.
Ministre pendant un an au collège de Florence, il n'usa de son autorité que pour se traiter plus durement et se mettre au service de tout le monde. 11 porta le même esprit d'abnégation à Sezze d'abord et ensuite à Sora, où il passa les vingt dernières années de sa vie. Sora était un pauvre petit collège de la Province Romaine, dont les classes avaient même été fermées, faute de ressources. Le P. Bizzarri y vécut longtemps avec un unique Frère pour compagnon. 11 profita de cette solitude et de ce dénuement pour donner libre carrière à son amour de la croix. Pendant plusieurs années, il se contenta pour toute nourriture d'un morceau
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de pain et de quelques légumes ; et quand son compagnon était absent, il ne prenait môme pas la peine d'allumer le feu de la cuisine. En même temps, il accablait son corps des plus rigoureuses mortifications, et faisait dans la ville le travail de plusieurs ouvriers ; il prêchait, confessait, visitait les malades, et même enseignait la grammaire à quelques enfants.
Le P. Bizzarri était animé d'une dévotion toute filiale envers la très sainte Vierge ; il construisit en son honneur sur les bords de la rivière appelée le Liri, un magnifique sanctuaire où la Mère de Dieu ne tarda pas à signaler sa puissance par une multitude de grâces extraordinaires. C'était la voix commune, parmi la population de Sora, que l'homme de Dieu ne demandait rien à Marie sans l'obtenir; aussi quand il eut rendu le dernier soupir, on entendait les gens de la campagne répéter avec tristesse : « A qui nous adresserons-nous maintenant, quand nous aurons besoin de soleil ou de pluie » ?
Pour lui, il se regardait comme l'opprobre de la Compagnie ; il attribuait à ses fautes et à ses ingratitudes envers Dieu les malheurs qui fondaient' sur les hommes ; son confesseur ayant un jour paru étonné de l'entendre parler ainsi : a Eh quoi, reprit-il, vous connaissez les secrets de mon âme, et vous doutez de ce que je dis » ! Malgré la multiplicité de ses occupations, il savait trouver de longues heures pour les consacrer à la prière ; son cœur, dit son biographe, était au tabernacle, et se consumait d'amour en présence de son Sauveur. Il fut averti d'avance de sa fin prochaine. Quand il eut remis à Dieu sa sainte âme, le peuple de Sora et des campagnes environnantes accourut pour le vénérer, et pendant quatre jours entiers, il ne cessa de se presser autour des A. I. — T. II. — 89.
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restes de celui qu'il appelait hautement un saint. Le P. Bizzarri mourut à l'âge de soixante-neuf ans ; il en avait passé cinquanteet-un dans la Compagnie.
TuTii, Brevi raguagli... , Ronia, 1717, p. 70 et suiv. — Patrignani, Menol., 3i die, p. 251.
N. B. — Le P. Patrignani, l. c, assigne l'année 1608 pour date de la mort du P. Bizzarri ; c'est un simple lapsus, corrigé dans la suite de la notice ; mais ce lapsus nous a fait commettre une erreur que nous tenons à signaler. Dans le Ménologe du P. Antoine-Georges Giannelli , mort à Sera le premier janvier 1712, nous avons dit, t. i, p. 7, que le P. Bizzarri l'avait précédé de plus d'un siècle dans la tombe ; c'était exact en supposant la date 1608 ; il faut lire quatorze ans.
* Le trente-et-unième jour de décembre de l'an 1748, mourut à Rome le Frère Coadjuteur Simon Damiani, compagnon pendant plus de quarante ans des Pères chargés de l'Oratoire de saint François- Xavier. Il était digne par ses vertus de cet office ; il le remplit jusqu'au dernier jour, au témoignage de ceux qui le virent de près, avec le même soin et la même ardeur joyeuse. Il se levait chaque jour deux heures avant la communauté, afin de s'entretenir plus longuement avec Dieu dans l'oraison. II s'efforçait de toute manière d'exciter en lui cet esprit de dévotion tant recommandé par leurs règles à nos Frères Coadjuteurs. Il avait obtenu la permission de faire la sainte communion trois fois par semaine :