XX JUILLET
Le vingtième jour de juillet de l'an 1605, mourut à Noie, en odeur de sainteté, le P. Ambroise Gerardi, qui fit éclater surtout dans les combats livrés pour sa vocation, et dans un long martyre comparable à celui du saint homme Job, le don admirable de force qu'il avait reçu du Saint-Esprit. Se sentant appelé de Dieu h la Compagnie, mais n'ayant pu qu'à dix-huit ans vaincre les résistances de sa famille, il s'enfuit seul, à pied, de Naples à Rome, pour aller se jeter aux genoux de saint François de Borgia et lui demander une place parmi ses enfants. A la nouvelle de cette fuite, son père éclata en menaces, et obtint du vice-roi, que l'ordre fût donné à toutes les milices des frontières, de ramener sous bonne garde le jeune fugitif. On le poursuivit en effet jusque sur le territoire pontifical, et il fut ramené comme un prisonnier à la maison paternelle, où ni violences, ni caresses ne lui furent épargnées pendant six mois, sans abattre son courage.
Les quarante-et-une années de vie religieuse et apostolique du P. Gerardi, ne furent pas au-dessous d'un pareil début. Mais les quatre dernières, dit le P. Santagata, révélèrent encore bien autrement toute la générosité de son âme. Peu à peu les différentes parties de son corps se couvrirent de si affreuses plaies, que le