‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 36 sur 362 · XX JUILLET. — P. JEAN-ÉTIENNE TERRARI · texte numérisé non relu

XX JUILLET. — P. JEAN-ÉTIENNE TERRARI

serviteur de Dieu se vit à la lettre rongé tout vivant par les vers, et livré en proie à la corruption. Telle était l'inlectiou qui s'en exhalait, que pas un chirurgien ne voulait l'approcher, et que le Frère infirmier ne pouvait le panser sans éprouver une horreur convulsive toujours suivie de cruels vomissements. Le P. Gerardi ne perdit pas un seul moment sa sérénité dans cette longue agonie de plus de quarante mois. « Que Dieu soit béni par mes douleurs, et que sa sainte volonté soit faite », répétait-il en consolant ses frères, et en les invitant à se réjouir avec lui. Mais dès ([u'il eut rendu le dernier soupir, il fut comme transfiguré. Durant les deux jours qu'il fallut le laisser exposé à la vénération des fidèles, Dieu voulut que son corps, en proie depuis si longtemps à la pourriture, n'exhalât plus, malgré les brûlantes chaleurs de l'été, qu'un parfum délicieux.

Litter. ann. Societ., anno 1605, p. 08. — N.vdasi, Ann. dier. mcmor., 20a jul.^ p. 41. — ScHiNOSi, Istor. délia Provinc. di Nopoli, l. 1, p. 171. — S\NTA.GATA, Istor. dcllu Proi'. di NopoL, t. 3, p. 183 et suiv.

* Le vingtième jour de juillet de l'an 1657, mourut à Gènes, sa patrie, le P. Jean-Etienne Ferrari, religieux, dit son biographe, d'une charité ardente toujours prête à se dévouer. Dans l'intervalle de ses courses apostoliques, on le voyait sans cesse sur les galères, dans les prisons, dans les hôpitaux, occupé à consoler les âmes, à les instruire, à les ramener à Dieu. Les condamnés à mort étaient l'objet particulier de sa sollicitude. Une fois que ces

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malheureux avaient entendu leur sentence, il ne les quittait plus, pour ainsi dire, ni jour ni nuit ; il les encourageait et les préparer à mourir saintement. Le P. Ferrari parcourut pendant de longues années les campagnes de la Corse, en donnant des missions, et il recueillit partout des fruits considérables. Il aurait voulu porter le nom de Jésus-Christ aux peuples lointains des Indes ; jusque dans sa vieillesse, il ne cessa de solliciter cette faveur auprès du Père Général. La peste s'étant déclarée à Gênes, il s'engagea aussitôt par vœu à se consacrer au service des malades ; mais les supérieurs, malgré ses prières renouvelées, ne crurent pas devoir l'exposer h la contagion. Le généreux vieillard offrit donc à Dieu ses bons désirs, en attendant de lui offrir le sacrifice de sa vie ; en effet, il tomba peu de temps après, victime du fléau. II mourut un vendredi, comme il l'avait demandé à saint François Xavier. Il était âgé de soixante-dix ans, et en avait passé cinquante-cinq dans la Compagnie.

SoTUELLus, Bihlioth., p. 504. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 679.

La Bibliothèque des Écrivains de la Compagnie, — de Bâcker, 1" édifc. t. 4, p. 218, et Sommervogel, t. 3, p. 679, — dit que le P. Ferrari mourut en assistant les pestiférés. Nous pensons que c'est une erreur. Le P, Alegambe, dans son ouvrage Heroes et Victimœ charitatis, ne le nomme pas ; il dit que trente des Nôtres périrent dans la contagion, mais trois seulement, dont il cite les noms, au service des malades, { Op. cit., p. 557 j. De plus, le P, Sotuellus, l. c, sans l'exprimer en propres termes, donne à entendre que les supérieurs n'accédèrent pas à la demande du saint vieillard.

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